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 Sounds like a ghost - Lara.

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Magic flows in our blood.
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Message posté le Lun 9 Oct - 7:34

Sounds like a ghost.

C’était compliqué. Terriblement compliqué. Les êtres vivants, puisque je sais que nous ne sommes pas tous humains sur cette Terre, ont une vie compliquée du début, jusqu’à la fin. Qu’importe les efforts, la vie est ainsi faite pour qu’on puisse l’apprécier. Quel mérite avons-nous d’avoir une vie parfaite ? Quelle saveur a-t-elle ? Apprécier le sillon des larmes qui se creuse sur la vie, la naissance d’un sourire provoqué par tout ce qui nous entoure, apprécier une discussion, une présence ou simplement se réjouir de la caresse matinale du vent sur soi.

J’avais fini par comprendre que c’était une fatalité et sincèrement, ça permet de trouver une ou deux heures de sommeil supplémentaires. Ça n’est pas moi, c’est le Destin. Si tant est qu’il y a réellement quelqu’un en haut, pour nous caresser d’un regard tendre, et quelqu’un en bas, qui attend pour nous faire vivre dans cet enfer de péché, j’ai surtout appris à vivre par moi-même et pour moi-même.

Exit la violence d’un père, la saveur d’une vie que l’on survie, que l’on n’apprécie pas à sa juste valeur, parce que celle-ci s’amuse à détruire le peu d’amour propre qu’il reste. Changer de pays, de vie, d’habitudes, c’était sans doute ce qui m’avait sauvé. Je n’avais pas trouvé ma rédemption dans la prière d’un éventuel dieu qui se moque sans doute des pauvres humains, non. J’avais trouvé la possibilité de vivre en comprenant que j’étais maitre de ma vie.

Un poil sans doute ironique pour la fille discrète que je suis.  Sans doute encore plus, quand on voit que j’avais failli mourir quelques jours plutôt. Peu importe le pays, la poisse me colle au cul, comme le pollen attire l’abeille. Fichu pollen.

Pourtant, j’en ai assez, de moi, de tout ça. Je veux quelque chose et je ne sais pas encore quoi. Sans doute que ma rencontre avec ce roux m’avait appris que peu importe ce que je fais, la vie est dangereuse, alors pourquoi ne pas la savourer ? Le lendemain, c’était un tatouage, l’aiguille qui perce la peau pour inscrire au fer rouge un symbole d’espoir que l’on cherche, que l’on attend et que l’on se dit, si simplement, que si on le voit tous les jours, on sera chanceuse. A présent, c’était en courant. Stupide, j’en conviens. Il fallait que je fasse quelque chose qui me permette de rentrer chez moi, après une douche chaude où l’eau brulante glisserait sur mon corps pour détendre chacun de mes muscles et où je pourrais tomber sur mon lit et sombrer dans un sommeil léthargique. J’avais presque oublié la douleur, mais le lendemain d’une première course, les courbatures se rappelèrent à moi.

Je n’aime pas la violence, mais la douleur, elle, elle me parle. Je la connais, je la supporte, elle me rappelle que je vie, que ce que je fais, n’est pas juste fait par un fantôme mais bien par un être vivant doué d’un cœur, d’émotion. La douleur, elle, je l’aime. Elle me rappelle que je vie, tout simplement. Plus je souffre, plus je continue. Maso, la rouquine.

Armée de mes basket, d’écouteurs sur les oreilles, parce qu’au fond, seul la musique me permet de faire taire ce cri intense que j’entends chaque jour dans mes entrailles, résonnant comme une douleur interne qui ne prendra jamais fin, je m’élance.

Etonnamment, c’est dans la forêt que je trouve un certain répit, le temps que mes pieds foulent cette Terre qui ne m’a jamais rien apporté. Ni la chaleur des bras d’une mère, ni la tendresse du regard du père, ni l’attention de personnes que l’on peut appeler amis. J’avais cette amie que je chérissais plus que tout, elle, la gardienne de mes secrets. Pourtant, à trop se fermer, à avoir jeter la clé d’un cœur qu’on veut épargner, on en oublie de s’ouvrir. On se protège, dans la prison que représente son cœur. On oublie presque la saveur qu’un sourire réel peut avoir sur les cicatrices d’un corps, d’un cœur. A quoi bon faire confiance, quand on sait qu’on nous détruira. Merci papa. A quoi bon s’ouvrir quand on sait que la personne peut simplement quitter ce monde. Merci maman.

C’est dans cet endroit que je sais pourtant dangereux que je cours, que mon regard s’accroche à tout ce qui l’entoure, à cette solitude verdâtre. La solitude du silence et de la caresse du monde hostile où l’homme ne s’aventure pas encore pour tout détruire.

Je cours, je cours, sans me retourner, sans réfléchir, aidée par le brouhaha de la musique qui braille dans mes oreilles. Assez fort pour que mon cerveau ne puisse me rappeler sa présence, pas assez fort pour que le son soit horrible pour mes oreilles qui parfois me rappelle à leurs faiblesses humaines.

Vient le fameux temps du point de côté. Cette douleur, cette pression qui est la sonnerie d’alarme du corps pour rappeler que malgré tout, il faut respirer, se reposer. Une main presque tremblante, blanche, sur l’arme pour me soutenir, le corps recourbé, je peine à respirer. Mais cette sensation est appréciable, elle est presque salvatrice.

Lorsqu’on est perdu dans un endroit, on a toujours ce reflexe inutile de baisser le son d’une musique, d’une station de radio. Sans doute pour permettre au cerveau de filtrer les informations inutiles. Je retire donc mes écouteurs, ils pendent de mon débardeur, comme mon cœur pend à peine de mes lèvres. Et pourtant, je souris. J’ai couru plus que d’habitude, habité par cette envie de hurler que je contiens.

Toujours dans la mesure. C’est mon habitude. Merci la vie.
Un bruit résonne. Mes sens sont aux aguets et je regarde autour de moi. Il ne fait pas réellement nuit, le jour perce encore entre les branchages des arbres centenaires. Mon regard se pose sur tout et n’importe quoi, mon cœur, je le sens, sa musique change et ça n’est pas simplement parce que la course la solliciter, non. Quelque chose rode dans l’ombre de la forêt. Je ne suis pas seule.

Je n’irais pas poser cette question inutile que l’on entend dans les classiques film d’horreur et où l’on critique toujours l’héroïne un peu gauche : « Il y a quelqu’un ». Si un jour, on pose cette question, que l’on réponde ou non, le sort sera funeste.

Alors je garde des lèvres scellées et j’attends. Patience quand tu nous tient. Mes jambes se figent, la peur au ventre. Jack ? Ce filou m’aurait retrouvé ? Non, aucun signe de magie, si tel était le cas, j’aurais sûrement rencontré un arbre avec virulence. J’attend. Peut-être n’était-ce rien. Peut-être était-ce tout.

Dans mes yeux, on lit une vérité criante qui n’a pas besoin d’être dite : Je ne veux pas mourir seule. Sans doute aurait-ce pu être différent, si j’avais appris à m’ouvrir. Avec des si, on refait le monde, avec le temps, on se refait soit même.

Codage par Libella sur Graphiorum
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