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 Deux roux, une seule histoire.

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Message posté le Dim 1 Oct - 14:44



Deux roux, une histoire.


William & Donna




Jazz, funk, folklore, parades se mélangeait parfaitement au sein de la Nouvelle-Orléans. Sans surprise, c’est pour cette raison que cette ville est devenue au cours des dernières années, la ville la plus attractive de la Louisiane. Mêlant à la fois la culture française et américaine, la Nouvelle-Orléans s’adapte très facilement aux modes de vies respectifs des touristes. C’est simple, il y en a pour tous les goûts. De plus, les richesses architecturales que la ville propose retrace le passé, l’histoire de la Nouvelle-Orléans, rendant l’atmosphère quelque peu ancien, nostalgique de l’époque.

Une telle ville, avait bien évidemment le besoin d’être régnée, par une personne compétente, expérimentée qui garde son sang-froid à chaque problème, à chaque situation critique qu’il se passait dans les 888,44 km² de la ville américaine. Alors non, étonnement, il ne s’agissait pas d’un simple maire, du moins, pas pour le monde surnaturel. Pour ce dernier, un roi, inconnu des humains, gouvernait presque tyranniquement cette si douce et belle ville. Le pouvoir avait été repris il y a peu, par le fidèle bras droit de l’hybride Originel, Marcel Gérard, qui finalement, s’avère être un parfait imposteur.

William, ainsi que les trentaines d’autres hybrides qui servaient très loyalement les Mikaelson, était donc mobilisé pour cette mission plus qu’exceptionnelle. Certes, William ne dirigeait pas cette ville, mais il fallait tout de même avec le calme, l’expérience d’un roi pour ne pas perdre son sang-froid et ruiner toute chance de reprendre le pouvoir. Oui car, William ne disait presque jamais qu’il était au service des Originaux, pour ne pas briser sa couverture qu’il avait eu tant de mal à construire. Il se faisait passer pour un simple résident, parfois un simple touriste en vacances en Louisiane. En réalité, ce genre de tactique lui permettait d’entendre tout ce qu’il se disait dans cette immense ville.

Voilà pourquoi aujourd’hui, alors que le coucher de soleil commençait à illuminer d’une couleur rougeâtre le ciel américain, il avait décidé d’aller « visiter », en bon touriste amateur qu’il était, le Bayou. L’endroit, pourvu de marécages où les crocodiles exprimaient leur bonheur, offrait une atmosphère rafraîchissante lors des chaudes journées d’été. William avait décidé de s’arrêter pour boire un petit café, sur une terrasse, au bord d’un lac. Oui, il s’offrait quotidiennement des petits plaisirs.

En réalité, il avait suivi depuis plusieurs mètres, deux hommes à l’allure bien trop élégante pour ce type de quartier. En effet, ils étaient sans doute les seules personnes à se balader en costume, alors que la majorité des promeneurs étaient en short, jeans, et débardeur.  Nul doute, c’était des potentiels ennemis. Touillant alors dans son café noir, il écoutait la conversation des deux hommes derrière lui. Au début, rien de bien alarmant, juste un récit de voyage ordinaire. Cependant plus la conversation durait, plus elle dérivait sur les Mikaelson, en particulier sur Freya. « La plus faible, la moins compétente, la plus facile à tuer » sortait des bouches des deux hommes.

William sourit dans sa barbe, en voyant à quel point ses hommes étaient stupides, s’ils pensaient que Freya était une cible facile. Enfin, William savait très bien qu’ils n’allaient pas faire long feu dans le monde surnaturel. Regardant sa montre, l’hybride se dit qu’il était bien temps de rentrer, que ce petit café avait été bien satisfaisant, mais qu’il fallait revenir aux affaires.

Il se levait alors. Son regard de glace croisait les regards rieurs des deux hommes postés derrière lui. En un regard, en un éclair de seconde, il savait que ces deux prétendus ennemis savaient pertinemment qui il était. Alors, tout aussi rapidement que son esprit de séduction, il prit le couteau posé sur la table et tranchait brutalement la gorge du premier. Aussitôt, comme automatiquement, la terrasse tout entière se leva. Cependant, en temps normal, il y aurait eu des cris, certains se seraient enfuis pour échapper à une mort certaine ou pour appeler de l’aide. Rien. Il n’y avait aucune réaction de la part des autres « clients ».

En effet, vous avez certainement compris que ces « clients » étaient également des ennemis et avaient piégé William dans ce stupide café. Sans avoir le temps de réagir, il sentit un bras, venant de derrière, entourer son cou pour l’amener au bord d’une petite pente en herbe, au bout de laquelle se trouvait un petit sentier où des promeneurs se promenaient tranquillement, devant le lac.
L’homme lâcha brutalement Will qui roula jusqu’au pied de cette pente. Il écrasait sur son passage des petites marguerites innocentes, des pauvres pissenlits avant de s’arrêter sur le sentier, aux pieds d’un être humain. Son regard se posait sur des baskets blanches qui reculaient précipitamment, sans doute, apeurées par cet atterrissage. Will se leva directement, croisant le regard effrayé d’une jeune femme rousse, qui se demandait ce qu’elle faisait là.
 
Il l’abandonna du regard pour s’occuper de ses hommes qui avaient à présent encerclés l’hybride et la jeune femme, qui n’avait rien demander à personne. Will toisait les hommes qui s’avéraient être de simples vampires, avec un regard noir sauvage. Ils étaient une bonne dizaine, tous déterminé à en finir. William tournait sur lui-même afin d’observer la totalité de ses rivaux.

Soudain, alors que plusieurs d’entre eux s’avançaient, il entendit des craquements, comme des craquements d’os. Il n’avait pas eu tort. Plusieurs vampires se tordaient de douleur, alors que leur os continuait à se briser. William regardait alors la jeune rousse, qui avait tendu ses bras, pour effectuer le sort, bien qu’elle ne semblait pas sûre d’elle. Will lui adressait un hochement de tête et en profita pour mordre les avant-bras de deux hommes. Ils allaient souffrir, ils allaient mourir par feu doux, et allait revenir malade à leur chef. Parfait pour atteindre le moral.

Soudain, un cri résonna. Un cri qui déchira sans explication le cœur de William. Un cri féminin…c’était elle…elle qui venait de l’aider grandement. Elle allait se faire mordre, elle allait se faire retirer son pauvre cœur innocent pour avoir osé aider le petit rouquin. Aussitôt, William se précipita sur les deux agresseurs et les envoyaient valser dans le lac. L’hybride décidait de plonger. La bataille navale était lancée. Cependant se battre dans l’eau, avec la pression de l’eau, n’était pas une chose simple. Il reçut plusieurs bons coups de poings dans ses tempes, qui le fit saigner, rendant l’eau rougeâtre. Enfin, ce n’est pas ça qui l’empêcha de retirer les deux cœurs des hommes. Ils les laissaient tomber dans les profondeurs du lac, ainsi que les cadavres, qui laissaient des longues traînées rouges derrière eux.

Revenant à la surface pour reprendre enfin son souffle, il remarquait que le reste des hommes étaient morts, sans doute tué par cette femme. Will remarquait, par la même occasion qu’elle fut soulagée de le voir sortir la tête de l’eau. Elle avait sans doute pensé que ce sang était le sien. Elle se souciait de lui…

L’hybride finit par nager, et revenir sur la terre ferme. Il retira son gilet noir, et son tee-shirt blanc pour les jeter sans grâce au sol, pour qu’ils sèchent un minimum. Il regardait, toujours froidement la jeune rousse à ses côtés.

-Vous venez de risquer votre vie, j’ai dû vous sauver, vous pensez que je n’ai pas autre chose à faire que de jouer les super-héros ? » Dit-il, en bon sympathique qu’il était
.

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Message posté le Lun 2 Oct - 12:50

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Je ne connais que deux quartiers de cette ville. Celui où, bien sûr, je vis et l’autre où je travaille. Et encore, dans les deux cas, je ne suis pas partie à la découverte de leurs secrets. Plus je vivais dans mon quartier, plus je le regrettais. Le bayou avait quelques choses d’assez sombres qui me faisait froid dans le dos. J’aimais assez la discrétion du coin, pourtant… Le lac, le bayou, la forêt, c’était des endroits où je pouvais me ressourcer dans le silence de la nature, mais aussi me mettre en danger dans le monde surnaturel.

Je ne devrais pas craindre, je suis en vie. Je suis toujours en vie. Pourtant, c’est comme si ma bonne étoile n’avait jamais existé et qu’au contraire du trèfle à quatre feuille, symbole de mon pays natal, j’attire le danger et non la chance et le bonheur. Aussi futile que soit mon esprit de survie, j’ai même dans l’envie de me le faire tatouer. Stupide, n’est-ce pas ? Pourtant, j’ai envie de me raccrocher à quelque chose. Je n’ai rien, je n’ai personne, alors, chaque jour, je me dois de me rappeler pourquoi je suis ici, même si mon regard, dès le réveil, se pose sur la valise à l’entrée de mon appartement, me rappelant par la même que si besoin, je peux et je dois partir vite. Aucune attache pour ne pas avoir à revivre la crainte de perdre quelqu’un. Si mon père s’en prend à quelqu’un d’autre que Martha... Non, cette idée m’est insupportable.

Je suis un paradoxe, et je ressens des sentiments paradoxaux pour cette ville. Elle me fait peur et me rassure. Elle m’éloigne de ce que j’ai toujours été pour me ramener à ma nature profonde. Celle que mon père, que mon géniteur, m’a forcé à oublier et à refouler. Même ce terme définissant ce que je suis m’a effrayé toute ma vie. Je ne pouvais assumer qui j’étais, alors je refoulais qu’au fond, loin d’une humaine, je sus une sorcière. Une sorcière bien pitoyable pour quelqu’un qui ne peut se servir de ses pouvoirs. Non pas qui ne peut, mais qui ne sait pas, qui ne sait plus.  

Dimanche. C’est bien la seule journée que je n’aime pas. Pour la simple et bonne raison que la librairie est fermée et que je n’ai rien à faire. Profitant de la fin de journée, du moins, de la fin d’après-midi, j’avais pris mon courage à deux mains pour sortir de chez moi. Il m’avait fallu du temps pour me donner ce courage, faire taire la crainte de tomber sur Jack et que celui-ci me tue, simplement.

J’avais trouvé un petit coin tranquille, au pied d’un arbre où je pouvais facilement laisser court à cette voix cristalline, hésitante, faible avec cet accent audible parfois, qui trouvait le courage, se mêlant aux accords pour transcrire les sentiments les plus profonds que j’avais en moi et que je refusais de laisser couler sur mes joues dans des larmes inutiles. Je ne voulais plus pleurer pour lui, pour ce monstre qui me hantait, de jour comme de nuit, à des milliers de kilomètres.

Je ne saurais dire combien de temps je suis restais. Après avoir chantonné, gratter les cordes de cet instrument, j’avais juste voulu profiter du calme que m’offrait l’ombre du bayou, la fraicheur, la nature, l’oubli de soi, la solitude. Etre seule, ne plus penser à soi aux autres, ne plus penser d’ailleurs. Etre un grain de sable dans le rouage du monde. Quitte à ne pas être ou plutôt, être une petite chose inutile et éphémère, encore plus visuel aujourd’hui.

J’avais fini par reprendre le chemin de mon exigu appartement, quand un bruit se fit entendre. Inquiète et de nature paranoïaque, je m’arrêtais net, sentant mon cœur aux aguets et mes jambes prêtes à prendre le relai pour me sauver. Je m’attendais à croiser Jack, peut-être une autre personne travaillant pour lui – parce qu’avec les années, j’avais fini par penser qu’il ne se salirait pas les mains lui-même- au lieu de cela, une sorte de boule rousse glissa d’un chemin aux alentours et un homme s’écrasa à mes pieds. Je restais, stoïque une micro seconde avant de reculer, me rendant compte qu’un homme venait réellement de s’écraser à mes pieds. La peur innonda mon être, mais cette fois, ça n’était pas pour moi. J’ouvris la bouche pour poser la question somme toute évidente et classique « Vous allez-bien ? » Mais l’homme, le rouquin, se releva presque aussitôt, comme si aucunes douleurs ne secouer son être. Un regard échangeait, alors que la peur laissa la surprise prendre le relai. Il était presque évident qu’il ne pouvait pas être humain. Un humain aurait souffert d’une quelconque blessure, non ?

La peur ne me laissa pas si facilement, comme si, malgré tout, elle était enchainée à moi. Nous n’étions plus seuls, nous étions deux entourés d’une dizaine d’homme terrifiants. Ma main lâche l’étui de ma guitare qui tomba sur une touffe d’herbe haute, me rassurant presque qu’elle ne soit pas cassée. Je regardais de dos, cet homme qui faisait barrage entre moi et eux. Il était devant moi, comme pour me…protéger ? Moi, l’éternel dommage collatéral. Je ne connaissais ni lui, ni les vampires en face de moi.

Car il s’agissait bien de vampire, de ce que leurs visages montraient. Mon cœur se débattait dans ma poitrine. Comment se pouvait-il que je me retrouve dans une telle situation où la fin semblait funeste. Je ne sais pas ce qu’il me prit, une dose de courage que je n’avais découvert qu’une fois, la seule fois où j’avais réussi à frapper mon père pour fuir loin de tout. Mes bras se levèrent, dans un geste automatique, presque prenant l’inconnu dans l’étau protecteur de mon aura. Je ne savais pas si je faisais bien, de le défendre, lui, mais eux, en face était un danger pour moi, alors que celui qui était tombé à mes pieds, lui était devant moi pour me protéger.

J’avais l’impression de sentir leur douleur, quand, hésitante, ma magie prit le dessus sur moi. Je ne savais pas ce que je faisais, mais je pouvais voir, entendre, que je le faisais à peu près bien. Je tremblais, dans un mélange de magie, de peur et d’hésitation. Un regard de celui en face de moi, m’aida presque. Mes soupçons se confirmèrent quant à la nature surnaturelle du roux quand il se mit à mordre les vampires. Oui, évidemment que j’avais peur de lui, mais sa proie n’était pas moi, alors peut-être qu’au fond, comme les humains, les êtres magiques étaient identiques : Il en existait des bons et des mauvais.

Mes bras se reposèrent, lentement contre mon corps avant que je ne sois propulsé contre l’arbre derrière moi. Un cri strident passa mes lèvres. Je tentais de les repousser, mais la peur me figeait sur place, incapable de faire autre chose que d’avoir les larmes aux yeux face à la mort prochaine.

Alors que des crocs allaient se planter dans ma gorge, un poids violent sur la poitrine synonyme d’une force surhumaine qui me plaquait à l’arbre. Alors que j’étais résignée à mourir, le poids sur mon corps se retira rapidement et les crocs que je vis se planter dans ma gorge se retirer tout aussi rapidement. Un regard étonné avant de voir que le rouquin venait de me sauver, comme j’avais pu le faire pour lui, quelques secondes plutôt.  Je vis les deux vampires fondre dans l’eau, suivit de peur par le roux.
Je n’eus pas le temps de soupirer que les autres vampires voulurent se venger, sur moi. Ils approchèrent et je me trouvais démunie. Un d’eux me lança à nouveau contre l’arbre et dans ma chute, je tombais sur l’étuis de ma guitare. J’allais mourir ici, alors que le roux allait se noyer. Mon cœur s’emballa. Je ne voulais pas mourir. Pas ici. Pas comme ça.

Je ne saurais dire comment j’ai fait. Avec pourtant, la même impression que c’était moi qui avait fait ça. D’un coup, rapidement, tous les assaillants du roux et de moi par ricochet, tombèrent comme des mouches. Je me relevais rapidement, aidée par l’arbre pour prendre appuie alors que mes jambes ne supportèrent que peu mon poids. L’eau, un peu plus loin avait pris des teintes rougeâtres et mon cœur n’eut aucun repos. Etait-il mort ?

Tout avait commencé, d’une certaine manière, à cause de lui, mais je ne voulais pas le voir mort ! Il avait tenté de me sauver, il avait fait la barrière pour me protéger. D’un commun accord, nous nous étions sauvées mutuellement et le voir mourir…Dans cet eau sale…

Une main sur la bouche, je n’arrivais pas à marcher, je n’arrivais pas à bouger, ni à retirer mon regard de l’eau. Une larme glissa sur ma joue quand la surface de l’eau commença à remuer. Me connaissais, j’aurais pensé au pire. Pourtant, j’avais l’aube d’un espoir qui naquit en moi en voulant que ça soit la chevelure rousse que je vois apparaitre et non l’un des deux ou les deux vampires.

Mon espoir ne fut pas vain quand ressorti l’inconnu et mon cœur sembla moins lourd. Je fermais les yeux en soupirant de soulagement. Il n’était pas mort.

Il m’offrit une partie de son corps à la vue et mon regard n’en profita pas. Je n’ai jamais été du genre à regarder les hommes ça n’allait pas être maintenant que j’allais commencer, surtout dans une telle situation. Ce fut sa voix qui me ramena à la réalité, un ton froid qui me fit sursauter. Venait-il réellement de me disputer quant à avoir risqué ma vie ? Sérieusement ?

Je m’adossais à l’arbre, baissant la tête, mes cheveux agissant comme par vu en tombant devant mon visage pour ne pas qu’il voit mes larmes glissaient sur mes joues. Les nerfs… Je voulais que mon cœur se calme et en silence, j’encaissais ses accusations, mon corps prit de soubresauts. Entre les nerfs, le froid, l’adrénaline, la peur, mon corps était une cocotte-minute qui ne demandait qu’à exploser. Une bombe à retardement.

- C’est vous. Vous qui m’avez emmené dans cette histoire… Je n’avais rien demandé.

J’étais sûr que s’il ne pouvait pas forcément voir mes larmes, il devait les entendre dans mon accent irlandais hésitant et tremblant. Je me laissais tombé au sol, mes jambes ne pouvant plus me soutenir, alors que mon cœur refusait encore de reprendre une course normale.

- J’ai failli mourir ! C’est moi qui…qui vous ai aidé !

Ma voix tremblait encore, même si douce et faible. Je refusais qu’il ait une attitude comme ça envers moi, moi qui avait déjà bien assez souffert et qui avait souffert une fois de plus parce qu’au mauvais endroit au mauvais moment. Ma main remonta vers ma nuque. Je n’avais pas été mordu, mais c’était tout juste. Nerveusement, mes ongles griffèrent ma peau, nerveuse. Un réflexe que j’avais eu quand mon esprit baissait les barrières érigeait autour de moi et que le souvenir de mon père trop présent, me faisait ressentir des douleurs passaient.  J’allais presque m’arracher la peau – ce que j’avais déjà pu faire dans le passé- quand ma deuxième main se posa sur l’étui de ma guitare. Oubliant tout ce que j’avais pu ressentir jusque maintenant pour m’accroupir devant mon étui. Je l’ouvris avant qu’un autre petit cri passe mes lèvres. Ma guitare, devant mes yeux, détruite.

- Non ! Non ! C’est pas vrai ! Pas ça ! Pas elle ! Non ! Non !

Ma main se saisit de certains morceaux brisés de l’instrument de musique que j’avais tant aimé et qui avait tant d’importance pour moi. Les larmes remontèrent aux yeux. C’était mon exutoire, le moyen que j’avais pour m’occuper l’esprit et ne pas penser et tout était brisé. Je secouais la tête, me moquant, qu’à présent, mes vêtements étaient sales. Enervée et blessée, je tapais simplement sur les restes de la guitare. Rappelez-vous cette contradiction avec le trèfle à quatre feuille… L’odeur du sang, la douleur, le déchirement. Un morceau de l’instrument se planta dans ma main et si aucun cri ne passa mes lèvres, cette fois -habituée à la douleur- une sorte de grognement pris le relai.  A quel point étais-je stupide ? Au point, sans doute, d’être obnubilée par la guitare et d’oublier l’homme à moitié habillé derrière moi.

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Message posté le Sam 7 Oct - 14:54



Deux roux, une histoire.


William & Donna




Bien loin de jouer les super-héros…Très loin de jouer les super-héros. En parfait égoïste qu’il était, il ne pensait qu’à lui-même et qu’à son objectif. Le reste ? Il n’y prêtait pas attention. Alors oui, effectivement, pourquoi venait-il à l’instant de sauver cette jeune fille qui n’avait rien demandé à personne ? Eh bien, tout simplement car il n’était pas un parfait imbécile, un parfait impoli et remercier celle qui l’avait sauvé était « normal » pour lui. Enfin, si elle n’avait pas survécu à l’attaque des hommes, il n’aurait pas eu de regrets, en réalité, il aurait repris sa route et serait revenu au manoir. Petit à petit, il aurait sans doute oublié cette rencontre.

Alors, effectivement, il avait été très désagréable à sa sortie d’eau car il ne voulait pas s’attacher aux gens, ne voulait pas créer des liens avec des personnes qu’il aimerait sans doute. Depuis son meurtre de ses meilleurs amis, il était désagréable avec tout le monde. De ce fait, aucun lien d’amitié ne pouvait se créer. Jusque-là, cela marchait, du moins jusqu’aujourd’hui. Son visage, ses cheveux, sa voix si douce, son courage l’avait marqué. Une chose est sûre, elle ne l’avait pas laissé indifférent. Cependant, il était tellement doué en amour qu’il avait réussi à faire pleurer la jeune fille. Oui car, même s’il elle avait essayé tant bien que mal de cacher ses larmes, l’hybride avait vu et surtout senti la tristesse qui s’était emparée de son corps.

Malgré tout, son bel et si rare accent irlandais plaisait à William, même s’il restait de marbre face à ses propos. Extérieurement, il était un iceberg, mais intérieurement, il était comme un volcan en éruption. Des émotions, qui ne s’étaient pratiquement jamais manifestée, naissaient en lui et lui procuraient une certaine gêne, au départ. Cette gêne se transforma rapidement en un plaisir assez discret pour le moment, qui s’aventurait à travers ses différentes émotions. Cependant, cette naissance s’arrêta brusquement face aux paroles tremblantes de la jeune femme. Elle ripostait contre « l’attaque verbale de William » et il fallait qu’elle le fasse ! Cela ne plaisait jamais à l’hybride lorsqu’il tombait face à des personnes n’ayant pour ainsi dire aucun répondant. Un petit combat verbal n’était jamais de refus.

-Vous m’avez sauvé certes, mais je ne vous ai absolument rien demandé. N’allez pas vos plaindre de ces blessures superficielles que vous avez. Vous avez eu de la chance que j’ai assez d’empathie envers vous pour vous avoir sauvé de cette situation délicate.

Froid, glacial, antipathique, hautain Tous les adjectifs négatifs pouvaient très bien se coller à la réponse, au caractère de l’hybride. Ne pas s’attacher surtout, ne pas créer de liens, ne pas être sociable. Voilà la clé pour éviter de blesser gravement d’autres personnes. Car, avant ce malencontreux accident, William avait cette mauvaise habitude de s’attacher très vite aux personnes qu’il rencontrait. Ainsi, il avait pas mal de connaissance auxquelles il s’identifiait.

-Vous devriez repartir, ce n’est pas très bon de traîner par ici après ce qu’il s’est passé. .Il regardait autour de lui, croisant ses bras sur sa poitrine -De plus le soir commence à tomber, ce n’est pas le quartier idéal pour traîner.

Pourquoi se souciait-il de sa « sécurité » alors qu’il l’avait agressé verbalement ? Il n’en avait aucune idée, sans doute sa nature cachée qui refaisait surface. Les émotions qu’il ressentait à l’intérieur de lui-même commençaient petit à petit à se montrer, même si son visage ne s’était pas pour autant s’adouci. Son ton en revanche, était moins glacial est plus doux.

Cependant, la jeune femme ne semblait pas s’apercevoir de ce changement de ton. Non, elle semblait encore plus désespérée et William allait très vite comprendre pourquoi. La précieuse compagne, la partenaire de tous les jours, l’indispensable accessoire était « mort ». Sa guitare avait rendu l’âme, réduite à néant suite à ce violent combat. Vous l’aurez compris, William aurait, en temps normal, ignoré les pleurs incessants de Donna. Aurait…Car, il se trouve qu’il était lui aussi amateur de guitare, électrique pour sa part. Il savait parfaitement ce que ce banal objet pour certain, représentait pour des musiciens passionnés. Cet objet était comme un parfait animal de compagnie, à l’exception qu’il n’était pas un être vivant.

S'accroupissant pour être à sa hauteur, il prit dans ses mains un morceau cassé de sa guitare.

-J'en ai plusieurs chez moi. Si vous voulez, je peux vous en donner une. Je n'ai plus vraiment le temps de jouer. Dit-il, un très léger sourire aux lèvres.

William était à l'instant en train de tomber dans son propre piège qu'il voulait éviter : S'attacher. Cette jeune fille ne le connaissait pas, il ne connaissait pas la belle rousse, mais le fait qu'elle aime la musique, tout comme lui, était un bon point de départ pour commencer une relation...





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Message posté le Lun 9 Oct - 11:04

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En toute normalité, si elle existait quelque part, il aurait dû s’excuser et me dire merci. S’excuser d’avoir mis ma vie en danger, alors que je ne le connais pas. Au lieu de ça, ce monsieur se trouvait plus intéressant de me critiquer. Ça n’était pas moi qui avait risqué ma vie, mais c’était lui, qui l’avait risqué ! Il n’avait rien d’un super-héros, sans doute l’anti-héros détesté. Parce qu’il semblait être si détestable. Il n’avait même pas remercié la sorcière que j’étais de la mort certaine qu’il venait d’éviter… Je venais de sauver quelqu’un, ce sentiment était nouveau pour moi et pourtant, j’aimais ça. Me sentir utile.

Sentiment de courte durée, par sa faute. Il me faisait presque penser à Jack, à sa façon de parler. Sa façon d’être. Je ne demandais rien au monde, si ce n’est d’être tranquille, alors pourquoi lui ? Pourquoi se mettait-il sur ma route ?

L’arbre me soutenait, comme une béquille pour celui qui en a besoin. Une canne pour avancer. J’avais besoin d’être soutenu, ces larmes qui coulaient, cette peur, cette vieille amie qui revenait sans cesse, pour être sûre de ne jamais être oubliée. L’adrénaline et tout ce que je ne savais pas nommer en cet instant faisait de moi, une bombe à retardement, oui, encore, toujours. Et s’il n’arrêtait pas, ne faisait pas preuve d’empathie, c’était contre lui que ça se ressentirait. Et l’issue, je la voyais déjà. Il me tuerait. Pourquoi tout doit tourner autour de la mort ? Ma mort.

- Rien demandé ? Vous étiez sur ma route… J’ai failli mourir par votre faute ! Vous n’avez rien d’un empathe ! Vous n’avez fait que résoudre le problème que vous avez causé. Et encore…J’ai presque tout fait seule…Sans savoir comment…

La dernière partie avait été dite sous un murmure. Ma voix avait tremblé tout du long, sans le regarder. Comment pouvait-il être si idiot ? C’était de sa faute, tout ça, non de la mienne. Quelque chose m’animait pour lui répondre de la sorte, moi qui évitait soigneusement les gens pour leur répondre. Son ton me faisait frissonner. A moins que ça ne soit la colère en moi qui pointait le bout de son nez. J’étais en colère contre le monde entier. Contre lui, ce roux, surtout, qui me faisait face. Mais qu’il parte, qu’il me laisse seule !

J’avais entendu, par brides et je ne me voyais pas l’envie de lui répondre. Déjà, parce que je connaissais mon quartier, que je n’habiter pas loin et qu’en quelques enjambées, je serais à l’abri dans mon appartement. S’il n’était pas miteux, il n’était pas non plus luxueux. Il était à mon image : Vide et simple. La manière dont mon reflet me faisait ressentir quand je croisais mon regard cerné de valises lord d’une nuit où Morphée m’avait oublié. Comme habituellement.  

Et puis, pourquoi répondre à cet homme si violent verbalement ? Qu’avait-il réellement à faire de mon état ? Ma sécurité, mon bien-être, tout ça, ça n’était rien pour lui. Et j’avais cette étrange idée, que ça soit moi où quelqu’un d’autre, c’était du pareil au même, il se moquait des autres. Ressemblant et tellement différent de moi. Je ne me moque pas des autres. J’en ai peur. Je ne parle peut-être pas, mais je n’agresse pas, comme ce roux. Deux façons de faire différentes, qui se valent finalement.

Je sursautais, sans me cacher quand je vis, du coin de l’œil, sa peau toujours nue près de moi. Je ne l’avais pas entendu s’approcher, sans doute, parce que je tentais de comprimer le sang qui couler de ma main. Je retirais le morceau sans sourciller. La douleur, je la connais, mais le sang…Je n’aime pas le sang. Le mien a trop coulé. Et lui, que je soupçonnais être un loup, à mes côtés, avec le sang qui coulait… Et s’il était du genre cannibale à ne faire qu’une bouchée de moi ?

Ça n’était pas une plaie ignoble, mais assez profonde pour prendre du temps à arrêter de saigner et qu’il fallait que je panse. Je blêmis, une fois de plus, un peu plus, toujours plus. Je tentais de ne pas regarder cet homme qui m’intriguait autant qu’il me faisait peur, avant de finalement lui accorder un regard étonné.

Quelle était cette logique ? Un homme qui lui amène des problèmes, qui la sauve, qui lui passe un savon, sans la remercier qu’elle aussi, lui a sauver la vie. Un homme qui l’agresse, hausse le ton, mais qui, finalement, lui conseille de partir, d’aller se protéger et…Qui lui propose une guitare ?

J’étais intriguée, je devais bien l’admettre. Il était complexe et guitariste. Comme moi. Je voyais certaines similitudes qui tendait à se faire différence si l’on creusait ou réfléchissait un tant soit peu.

- Ca vous arrive souvent ? De hurler sur quelqu’un et de lui proposer de venir chez vous, pour lui proposer une guitare ? Vous êtes bipolaire ?

Comment et pourquoi avais-je répondu de cette manière ? Un peu rude, un peu froide malgré la voix douce irlandaise qui était mienne. Et pourtant, je n’avais pas loupé le plus important qui avait le mérite d’être plus étonnant que n’importe quoi. Son sourire. Infime, certes, mais présent. Mon regard le détailla, avant que je ne referme l’étui, d’une main, laissant l’autre perdre son sang, sans m’en plaindre, comme si ça n’était pas grave. Habituel.

- Je ne peux pas accepter. Ceux sont les vôtres… Et puis, vous allez sûrement reprendre gout à jouer et je ne voudrais pas devoir supporter une énième remontrance de votre part.


Un léger pique, comme une blague mal dites, d’une douceur infinie, parce que malgré tout, c’était moi. Je n’étais pas méchante, pas mauvaise, juste trop protectrice avec moi-même. Je ne voulais pas, non plus, lui être encore plus redevable et pourtant…J’avais hésité, sans doute l’avait-il entendu. Je n’avais pas les moyens d’en acheter une ces prochains temps. Mon regard se voila quand je saisi la bretelle de l’étui. J’allais devoir la jeter, elle qui m’avait aidé depuis mon arrivé ici. N’aurais-je pas dû accepter, après tout, c’était de sa faute, que ma guitare était brisée, non ?

- Vous devriez vous rhabiller. Je ne sais pas si vous êtes sujet au froid, mais…Vous devriez.


J’avais conscience de la chaleur qui s’était installée sur mes joues. Je l’avais aperçu, lui, son torse, ses muscles et j’étais presque mal à l’aise d’être si proche d’un homme torse nu. Je ne savais pas, non, s’il était sujet au froid, après tout, je n’avais aucune idée de ce qu’il était, si ce n’est qu’il n’était pas humain et pour moi, ça ne changeait rien. Sa nature m’inquiétait, certes, mais pas plus que cela. Au fond, j’ai peur de tout le monde et moi, je ne suis pas réellement humaine, alors pourquoi blâmer quelqu’un de ce qu’il est, quand, il y a une chance qu’il ne l’ai pas demandé, non plus ?

- Pourquoi délaissez-vous la musique ? C’est pourtant un moyen d’expression intéressant…


Pourquoi je continuais de parler ? Je m’étais levée, prête à partir, mais j’avais vu son attitude face à mon défunt instrument. Son sourire, en parlant de musique. Il était un amoureux de la musique. Ça le rendait…humain.

J’aurais dû partir, j’étais debout, face à lui, j’aurais pu partir, sans me retourner, sans avoir crainte… La crainte. Ma main. Le sang. Je baissais mon regard face à elle et mon regard bifurqua sur les corps qui nous entouraient. Une grimace perla sur mes lèvres. Je les avais tués… Mes jambes se mirent à trembler, mon cœur à s’emballait à nouveau. Parler de musique, alors que je venais de faire un massacre et que je continuais à risquer ma vie, alors que le sang coulait et que les amis, les collègues où peut importer qui, pouvaient arriver pour nous croquer, lui et moi.

Cette partie n’était pas mon monde et je ne savais pas quoi faire, comment agir. Je regardais ma main, le sol, dessous, était tâché de mon sang. Mon regard se releva lentement vers lui. Ca n’était pas mon monde, je ne connaissais que vaguement ma nature, alors celles des autres… J’avais peur et je ne savais pas quoi faire. Etonnamment…Je voulais qu’il m’aide. Il semblait avoir un cœur, bien profond, je ne voulais pas qu’il me laisse tomber maintenant. Mon regard le suppliait de me dire quoi faire, parce que j’avais déjà, dû mal à supporter d’avoir tué des gens, ce qui m’empêcherait de dormir pendant des mois, où sans doute moins si je venais à mourir ce soir.

Je me moquais bien de passer pour une idiote en lui montrant, sans aucune retenue, que j’étais perdue et que je ne savais pas quoi faire. Chacun vie sa vie comme il l’entend où comme il l’a appris. On ne peut pas juger, on ne peut qu’aider, si l’on a cette envie.



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Message posté le Lun 16 Oct - 11:57



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William & Donna




[font=Verdana]L’attachement était un jeu dangereux, tout comme donner sa confiance à l’autre. A partir du moment où l’on donnait entière confiance à une autre personne, le danger nous entoure. Cette personne pourrait en profiter et nous manipuler à ses souhaits, pourrait trahir ce précieux symbole, pourrait en jouer. Ça, c’est côté négatif. D’un autre côté, lorsque l’on donne notre confiance à un autre, celui-ci pouvait aisément se confier à l’autre, lui partager ses plus douloureux, joyeux, mélancoliques souvenirs. Enfin, pour résumer, la confiance permettait de solidifier une relation quelconque.

William, de par son statut, avec beaucoup de mal à donner sa confiance aux autres. Il était comme ça depuis sa transformation en hybride et n’avait plus changé depuis. Sa méfiance lui pourrissait presque la vie car il se méfiait de tout le monde, même des bonnes personnes…Il pouvait, et été déjà passé à côté de belles amitiés à cause de ce problème. Mais, travailler avec les Mikaelson imposait de nombreuses contraintes auxquelles William n’avait pas pu échapper. Servir, combattre, survivre. Voilà les trois mots clés qui résumait la vie de l’hybride. Contrairement à tous les hommes de son âge, il n’avait pas fondé de famille, n’avait pas d’enfants, et n’avait presque pas d’amis. Il ne s’en plaignait pas, il n’en avait pas vraiment le temps en ce moment de toute manière, vue la situation critique de la Nouvelle-Orléans.

Tout ceci pour dire qu’il n’était pas prêt d’accorder sa confiance à la jeune rousse en face de lui. Certes il s’était adouci, certes il s’était ouvert, trouvant des points communs avec elle, mais il était bien loin de lui accorder sa confiance. Elle l’avait peut-être sauvé, mais l’idée d’un ennemi qui cherchait à le manipuler flottait dans son esprit. Il allait apprendre à la connaître en lui posant diverses questions sans qu’elle remarque l’interrogatoire que lui offrait l’hybride. Poser un art était un art que William maîtrisait à la perfection.

Il n’allait pas mettre en place sa tactique, du moins pour l’instant. Il la laissait parler, la laisser s’exprimer pour parler le moins possible, pour ne révéler presque aucune information sur sa personnalité. Dure décision, lorsque la femme en face de lui ne le laissait pas indifférent. Attrapant son tee-shirt encore trempé sur la pelouse, il répondit à Donna, tout en le mettant sur son torse humide.

-Je n’ai pas hurlé sur vous, n’exagérez pas la situation. Je suis loin d’être bipolaire, je suis juste…froid en quelque sorte, que ça vous plaise ou non.

Etre direct, ne pas passer par quatre chemins, telle était la devise de William. Certains pouvaient le penser inhumain, d’autres pouvaient le penser antisocial. Pour l’hybride, ce n’était juste qu’un moyen d’expression que peu de personne connaisse et maîtrise.
Cependant William ne restait pas insensible au sang, et à la faiblesse aussi bien physique qu’émotionnelle de la jeune femme. Elle était perdue, comme notre première fois à l’école. Elle avait besoin de repère, de conseils et ça, William l’avait très vite remarqué.

-Je ne délaisse pas la musique, *Soupira-t-il alors qu’il venait d’indiquer à la jeune femme de le suivre, d’un mouvement de tête* -Je n’ai juste plus le temps d’en faire. Vous dîtes que la musique est un moyen pour nous exprimer, je pense plutôt qu’elle est un moyen efficace pour développer et exercer notre créativité.

Il enjambait un corps, aidant presque inconsciemment Donna à faire de même. Il lui tenait la main, sentant que ses appuis sur ses jambes étaient bien trop faibles pour cette épreuve ci. Aussi fragile qu’un diamant, aussi instable qu’un sentiment…Il était évident qu’il ne pouvait pas agir avec elle comme il agissait avec les autres. Ce serait gâcher son incroyable et rare gentillesse.

-Je peux vous raccompagner chez vous, je n'ai pas le temps pour vous donner ma guitare aujourd'hui, mais peut-être, une autre fois ?

Cette femme le changeait, définitivement. En temps normal, il serait reparti au manoir, et aurait oublié ce passage de sa vie...C'était tout bonnement différent aujourd'hui.





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Message posté le Mar 17 Oct - 13:03

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L’avantage avec ce genre de personnage, c’est que je ne risque pas de le mettre en danger, avec le soucis « Jack », étant donné qu’aucun lien quelconque n’était possible. J’allais reprendre ma vie en scrutant mes arrières, de peur, par sa faute et lui… Il pouvait bien faire ce qu’il voulait après tout.

Je n’avais pas la preuve qu’il ne connaissait pas Jack, ni la preuve qu’il n’était pas un fou furieux qui voyait en moi une maigre pitance. Juste quelqu’un de désagréable. Même moi qui ne comprend pas les émotions, qui les repoussent de peur de me lier à quelqu’un et de souffrir si Jack arrive, même moi, je n’agirais pas ainsi. Sans doute ai-je trop connu la violence pour l’accepter encore dans ma vie.

J’aurais tout donner pour connaitre la simplicité de rentrer chez soi le soir, attendu par sa moitié, se pelotonner dans ses bras et ne pas craindre d’un paternel n’arrive pour tout détruire.

Je n’avais qu’une envie, de fuir loin d’ici. De soigner cette main blessée, qui saignait, de le quitter lui qui m’avait apporté tous ces tracas et pleuré ma guitare disparue. J’aurais voulu que ma vie ne soit pas ainsi pour ne pas avoir à craindre les autres. J’aurais voulu que mon corps ne soit pas un livre sur lequel chaque cicatrice raconte mon enfance. J’aurais voulu…que tout soit différent.

Comme j’aurais voulu ne pas avoir à le regarder, mais la curiosité face à cette première fois étonnante avait été plus fort que ma gêne. Mon regard l’avait détaillé lui, son torse, malgré tout, malgré moi, imposant. J’aurais réellement voulu que mon regard se porte ailleurs, mais c’était la première fois qu’une intimité comme celle-là, se posait avec un homme. Sans doute la curiosité. Et c’est sans doute ça qui me fit détourner le regard, les joues rougies par la honte et la gêne. Pourquoi avais-je besoin de penser qu’il était beau, cet homme acariâtre ?

- Froid ? Un iceberg serait plus chaud…

J’avais soufflé ça dans mes dents, entre mes lèvres pincées, oubliant qu’il n’était pas humain et que le moindre murmure de ma part, il l’entendait.

Il ne s’était pas excusé, n’avait pas demandé si tout allait bien, à dire vrai, même quand je mettais blessée, il n’avait pas réagi. Me voir affaiblit ne lui avait rien fait, alors que tout ça, toute cette situation, c’était de sa faute. Il me rendait mal à l’aise et inquiète. Oui, après des années, j’aurais aimé que l’on m’enlace pour me jurer que mon calvaire était fini, que tout irait bien et que plus jamais je ne serais blessée. Visiblement ça n’était pas aujourd’hui que mes prières seraient exaucées.

Lorsqu’il me fit un geste, qu’il me tourna le dos pour que je le suive, mes pieds restèrent figés sur place. Devais-je réellement le suivre ? Je voulais sortir de cet enfer où nous étions entourés de cadavres et pourtant, c’était avec celui qui avait tué, pour qui j’avais tué qui me terrifiait que je devais partir. Pourtant, sans que je comprenne mon corps, celui-ci avança vers lui, lentement, tenant fermement de la main saine ma guitare. Je tentais de contrôlais ma respiration, les battements fous de mon cœur alors que nous marchions entre les morts et que lui, ça ne semblait pas le déranger. J’avais des hauts le cœur, j’avais du mal à l’écouter « comme si de rien n’était ». Ma capacité de mensonge s’arrête ici, au seuil même de la mort.

- Elle…sert aussi à s’exprimer…

Ma respiration filée à toute vitesse que parfois, j’avais la crainte de tourner de l’œil. Je tremblais de tout mon être. J’étais coupable de meurtre. J’avais tué des vampires, certes, mais j’avais tué quand même. Mon cœur ne s’emballa que plus quand je dû passer par certains corps. La main de l’inconnu prit la mienne et je regardais, incrédule, ce geste.  Avait-il entendu mon cœur pour qu’il puisse faire preuve de…gentillesse ? Une fois éloignée, nos mains toujours l’une sur l’autre, je vis un léger filet rouge glisser contre ses doigts. Je m’arrêtais net, les yeux encore rougis. Je laissais sur le sol l’étui de ma guitare avant de me glisser devant lui, aussi proche que je ne l’avais jamais été. D’un geste hésitant, je sortis un paquet de mouchoir de ma poche arrière. Je pris sa main dans la mienne, sans le regarder dans les yeux, sans affronter son regard qui me déstabilisé, paume vers le ciel, avec délicatesse, je passais le papier sur sa main pour retirer au maximum mon sang.

- Une autre fois ? Vous étiez sérieux pour la guitare ?

A ma manière, j’acceptais son aide, du moins sa présence jusqu’à chez moi. J’avais peur de repartir seule, surtout dans mon état. J’étais instable, j’entendais de nouveau les craquements des os, le bruit sourd des corps qui tombent et ma culpabilité ne fit qu’augmenter. Sa nature m’était encore inconnu et je ne voulais pas l’incommoder davantage de ma présence avec mon sang sur lui.

- Je…ne connais même pas…votre prénom…

Hésitante, d’un accent qui tremble, une larme glissa de mon œil, glissant avec lenteur sur ma joue pour venir s’écraser sur la paume du jeune homme. Je n’étais pas si forte que lui, tuer quelqu’un me dégoutait et j’en avais tué plus d’un, sans comprendre encore pourquoi et comment. Une autre larme suivit le mouvement avant que je ne baisse les armes et que mon front ne se pose sur son torse. Je me moquais de la gêne de l’eau fraiche, de l’odeur nauséabonde de l’eau dans laquelle il avait dû plonger. J’étais terriblement mal et les larmes, une fois de plus, reprirent le chemin de mes joues. Dans ma tête, j'oubliais presque la proximité, quasi gênante qu’occasionnait ce geste. J'avais cette idée qu'il était aussi peu enclin que moi aux rapprochement, mais je me moquais, de moi, de lui, je n'avais qu'en tête ce dégoût de moi même d'avoir retirer la vie. Tous ne sont pas des monstres.

- J’ai tué…Mon dieu, qu’ai-je fais ? Je suis un monstre…J’ai tué…

Mon corps était pris de soubresauts, je commençais à ressentir l’adrénaline retombait et mon corps était gelé. Je ne saurais dire combien de temps je suis restée contre lui, imbibant son t-shirt de mes larmes avant que je ne me recule d’un coup. J’avais l’impression que Jack était derrière moi pour m’interdire de pleurer, de craquer. Je ne voulais pas être comme lui et pourtant, j’avais son sang dans mes veines, c’était sans doute pour ça que tuer n’était pas un problème pour l’instant. J’avais tué.

Je regardais mes mains, comme si elles étaient de rouges, ce qui me décrocha une grimace. J’avais tué à cause de la magie. Si j’avais pu me servir de mes pouvoirs, les apprendre, sans doute que je n’aurais pas été une meurtrière.

Une main hésitante, glissa sous mes yeux pour sécher les larmes, comme si je n’étais plus qu’un automate. Je repris l’étui de ma guitare, de cet instrument brisé, autant que moi à cet instant, reprenant la route, devant. Je serrais le défunt instrument contre moi, pour tenter de calmer mon cœur qui ne voulait pas cesser de se battre. Comme avec Raziel…Et si je faisais du mal à cet inconnu ?

- Je dois rentrer…

Je ne pouvais pas me reposer sur lui. Parce qu’il était le coupable et que je ne voulais pas qu’il devienne ma victime. Ca fait mauvais genre de faire du mal à quelqu’un qui vous a sauvé, n’est-ce pas ? Même si ce quelqu’un est responsable de toute cette histoire.





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Message posté le Jeu 26 Oct - 15:25



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Peut-on vraiment changer ? Cette question fait très vite débat lorsqu'elle est posée à haute voix. L'opinion commune est souvent partagée entre le oui et le non. Certaines personnes, du moins une grande majorité ont déjà dit "J'ai changé, je n'étais pas comme cela avant" dans leur vie. Certes, mais, pouvons-nous vraiment effacer notre ancienne personnalité, notre ancienne façon de vivre du jour au lendemain ? Les vieilles habitudes reviennent vite au galop.


Cette question, William se l'a posée régulièrement ces derniers temps. Lui qui, n'exprimait aucun amour pour le monde extérieur, pour les habitants vivants, comme lui, à l'intérieur, pouvait-il changer, pouvait-il montrer une once de gentillesse et d'amour à une personne ? Le fait de tuer, coup sur coup, des potentiels ennemis aux Mikaelson, le rendait presque insociable, intolérant, et à vrai dire, il se sentait de plus en plus oppressé dans cette vie. Il avait envie de découvrir le monde qui l'entoure, de se créer des liens sociaux sans voir des ennemis partout.
Cette rouquine était peut-être une chance du destin.... Oui, sans doute, mais ses vieilles habitudes refaisaient déjà surface. Il était froid, antipathique, intolérant malgré lui...

Voilà pourquoi il avait presque, involontairement fusillé du regard la jeune rouquine en face de lui lorsqu'elle avait si gentiment, essuyé le sang sur sa main. William était perdu face à ce geste. Personne n'avait déjà eu cette si gentille attention à son égard auparavant. Lorsqu'il rentrait au manoir, couvert de sang, après avoir si simplement tué un loup-garou, une sorcière, un humain ou un vampire, il ne recevait aucune attention particulière, ni aucun remerciement de la part de l'hybride. Il menait tout simplement sa vie, en l'attente d'une nouvelle mission.Alors oui, il ne se plaignait pas, il ne se plaignait jamais pour ainsi dire, il avait tout bonnement pris l'habitude.

Il était donc perdu face à cette extrême gentillesse de la rouquine qui pourtant, venait tout juste de faire connaissance avec le caractère très glacial de William. Beaucoup de personne seraient partis, en racontant à leurs proches l'expérience désagréable qu'ils avaient eu avec un jeune rouquin. Elle, non, elle ne partait pas, elle restait à ses côtés.
C'est peut-être cette fille là....Se dit William.

-Merci, dit-il dans un murmure à peine audible, en regardant sa main, parfaitement nettoyée.. Et, oui, je suis toujours sérieux lorsqu'il s'agit de musique. Vous pouvez avoir ma guitare, du moins, si elle vous intéresse toujours.
Il relevait son regard noisette vers elle, passant une main dans ses cheveux pour les remettre correctement, après qu'une faible brise soit venue les secouer.
Après tout, cela pouvait être son cadeau de remerciement, elle lui avait tout de même sauvé la vie, ce n'était pas rien. Mais cette proposition cachait une autre chose. Bien qu'il ne pouvait pas encore l'expliquer, William n'avait pas envie qu'elle parte, il avait envie qu'elle reste avec lui pour faire plus ample connaissance avec elle, pour développer son premier vrai lien social. Il espérait qu'elle aussi avait envie de le connaître un peu plus...

-William, William Henkom, reprit-il en s'efforçant de lui adresser un petit sourire, pour détendre l'atmosphère bien tendue jusque là. -Mais, vous pouvez m'appeler Will, si vous préférez.

C'était bien la première fois qu'il révélait son identité, alors qu'il ne connaissait absolument pas son interlocutrice. Mais, comme préalablement dit, il ne se méfiait pas de cette rouquine, il avait abandonné. Abandonné le fait d'être constant sur ses gardes, d’être à l’affût de chaque parole, chaque mouvement. S'en était fini, il voulait changer de vie, bien que c'était pour l'instant, impossible.

Il allait reprendre la marche, vers une destination pour l'instant inconnue, lorsqu'il sentit la tête de la jeune fille se poser, sans crainte, sur son torse. Il la regardait, sentant ses larmes humidifier son pull déjà mouillé, sans savoir quoi faire. Il ne comprenait pas sa réaction, et comprenait encore moins le fait qu'elle vienne lui faire comme un câlin.

-Je....Il posait ses mains sur son épaule pour la faire reculer gentiment, cherchant un contact visuel. -Vous n'avez pas à vous mettre dans des états comme ça pour ce que vous avez fait. Pour vous c'est de la légitime défense si on veut, pour moi c'est *il regardait dans le vide, l'air blasé* -Un jour comme un autre. Ne pensez plus à ça, c'est fini à présent.

Il essayait du mieux qu'il pouvait de la rassurer, bien qu'il voyait toujours ses tremblements et ses larmes perler sur ses joues rosies. Il n'était pas doué, en même temps, c'était l'une des premières fois qu'il parlait de cette manière. Les seules fois où il rassurait quelqu'un était quand il était petit, avec sa petite sœur. Il était toujours à ses côtés lorsqu'elle avait peur, ou quand elle était triste. Rose...Elle lui manquait également et ne savait pas vraiment ce qu'elle devenait.

-Non ! Cria-t-il contre lui-même lorsque la jeune femme commençait à partir. Non, pas ça, pas maintenant, c'était bien trop tôt. -Restez s'il vous plaît,je...je veux rester avec vous.

Il allait peut-être se prendre un magnifique râteau, mais, il tentait une nouvelle expérience, en ce moment même.






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Message posté le Mar 31 Oct - 11:13

De base, j'ai fais le RP en pensant qu'avec son sang hybride, il ne pouvait pas entrer. Et sachant que j'ai la flemme de refaire tout le RP, j'ai dis qu'il restait dans l'entrée, vu qu'il peut entrer dans l'appartement (Gêne de loup, tout ça). ♥️♥️

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Je soupirais, prenait respiration sur respiration pour ne pas avoir à tomber dans les pommes. Je revoyais les vampires que j’avais tués, plus tôt,  pour me sauver moi et lui. J’avais tué. J’avais détruis la vie, pour un autre. Quelqu’un qui se montrait désagréable et au fur à mesure, presque un peu cordial. Et pourtant, rien ne partait. Cette culpabilité d’avoir tué et finalement, je n’avais pas su, du moins pas encore, si j’avais fait le bon choix. Devais-je vraiment les tuer ? Qu’est-ce qu’ils lui voulaient ? Etait-ce cet homme le problème ? Etais-je en danger ? Et pourtant, il n’avait pas l’air si dangereux. Enfin, si. Enfin non. Enfin, avec lui, je ne savais et tant que je ne serais pas rentrée chez moi, rien ne serait sûr.

J’étais douce et gentille. C’était ma personnalité. Aussi, malgré la noirceur de son regard, j’avais continué mon geste. Je ne voulais pas qu’il puisse être un peu plus tenté par mon sang, alors que l’odeur devait sûrement le gêné. Je voulais aussi d’une certaine manière, me montrer compatissante. Nous étions quittes, nous avions tué pour l’autre. Est-ce que ça n’est pas censé nous rapprocher ? J’aurais pourtant aimé un merci de sa part. Une excuse peut-être, pour cette soirée. Un semblant de gentillesse.

Et j’eu droit à ce que j’attendais. Je relevais mon regard vers lui, un sourire doux et tendre sur les lèvres. Depuis quand, je ne mentais plus ? Il était possiblement un danger et je me montrais avec lui plus sincère qu’avec d’autres. Comme si celle bulle meurtrière autour de nous, m’avait permis de lui accorder une confiance morbide. Il m’avait remercié… Avec une pudeur presque touchante. Mon sourire s’agrandit, réellement, sincèrement. Des étoiles pleins les yeux où sa carapace explosé littéralement à mes yeux. Sous ses airs de grand méchant, il me certifiait me donner, me prêter ou peu importe, mais me laisser une de ses guitares.

- Je…Oui, bien sûr, avec grand plaisir.


Ma voix se fait plus douce. Il me domine de plus d’une tête, je me sens étonnamment petite et…en sécurité ? Comment puis-je être en sécurité avec lui ? Ah oui, parce qu’il est capable de me protéger, comme il l’a fait plus tôt et qu’il se ment à lui-même, je le vois en lui. C’est une facette que nous avons en commun.  J’étais nerveuse. Cette proximité. Cette chaleur qu’il m’envoyé alors qu’il était pourtant mouillé…Mouillé, sous ses vêtements. Non, mais ça ne va pas ! Ne pense pas à ça Donna !

Son sourire était radieux. Sans doute un peu forcé, mais radieux. Je ne pu que lui rendre la pareille…Et lui mentir, droit dans les yeux.

- J’aime beaucoup votre prénom, William. Je m’appelle Kit. Juste…Kit.

Mon cœur en loupa même un battement. Mentir dans le cadre du travail, c’est un fait, mais ce soir, ça semble différent. Je ne dois pas avouer mon identité, je ne dois pas dire la vérité. Je ne veux pas qu’il me pose d’autres questions, et puis, après tout, il n’est pas du genre à s’intéresser aux autres. Il est redevable, je le suis tout autant, ça doit s’arrêter ici.

Si j’avais craqué contre lui, il me repoussa presque aussitôt. La faiblesse humaine, il ne doit pas connaitre. Pourtant, il l’était, il fut un temps. Mais…Il y a combien de temps ? Son regard s’encra au mien, sans sourciller, avec cette force qui le caractérisé.

De la légitime défense. C’était donc tout ? Comment pouvait-il ne pas être sensible à la mort d’autrui ? Parce que c’est un jour comme un autre… Comment ? Pourquoi ? Ma bouche s’ouvrit, la curiosité pointée le bout de son nez, mais je la réprimais presque aussitôt. Je n’avais aucune envie de subir sa colère, de nouveau.

- Fini… Ils…Je les ai tué…

C’était tout ce que j’arrivais à retenir. Mais étaient-ils réellement morts ? Un vampire ne meurt pas facilement. Et s’ils dormaient, tout simplement ? Et si je n’étais pas une meurtrière ?
Partant, je m’arrêtais net quand sa voix se fit entendre, plus forte, plus criante. Un léger sursaut, un frisson parcourut même mon échine, mes sens aux aguets avant d’entendre sa voix se changer. Je me tournais vers lui, surprise, sans cacher une seule fois ce que je pouvais ressentir.

- Venez avec moi.


Une voix douce alors que ma main prit son bras pour le tirer avec douceur vers moi, reprendre cette marche, ensemble. A dire vrai, j'étais contente. La raison m'était inconnue, mais j'étais contente qu'il veuille rester un peu avec moi. Quand il m'avait dit ça, j'avais compris, que moi aussi, je ne voulais pas le voir partir maintenant. L’issue, je la connaissais et mon cœur s’en inquiéter. Il allait entrer dans mon univers, dans le seul endroit où je me sentais à peu près en sécurité. J’avais fini par lâcher son bras, le reste de ma guitare dans ma main. C’est en silence que nous avions fait la route et ça m’allait. Dans ma tête, ça fourmillait de milles et milles questions et sa présence… Personne dans les rues, personne pour ne le voir comme ça, personne pour me voir si nerveuse. La clé dans mon appartement, je passais la porte, la laissant ouverte pour qu’il puisse rentrer. Je ne l’avais pas oublié, mais je m’affairais dans mon appartement. Rangeant le plaid du canapé un peu mieux, avant de partir vers la salle de bain. Je passais rapidement ma main à l’eau avant de sortir de la salle de bain, une serviette sous le bras, le regard perdu dans le bandage de ma main. J’avais l’habitude de me soigner. Rapide, sans sourciller, une compresse, une bande autour avant que je ne m’arrête en face de la porte d’entrée…Où il était toujours à l'entrée de l'appartement. Je relevais mes yeux vers lui, après avoir fini de soigner ma main, avant de pencher la tête légèrement. Pourquoi restait-il dans l'entrée ? Pourquoi dans le couloir ? Du genre poli ?

- Vous n’entrez pas plus ?

Je fronçais les sourcils, un peu intrigué avant de lui lancer un très léger sourire en coin avant de lui tendre la serviette, qu’il puisse se sécher.

- Entrez William. Je…C’est pour vous. Si vous voulez prendre une douche, la salle de bain est ici…Et… Fin, si vous voulez, je peux laver vos vêtements. Ou les mettre sur un radiateur, pour qu’ils sèchent…

Hésitante, nerveuse, ma voix tremblait à l’idée même de lui proposer tout ça. C’était l’une des premières fois que quelqu’un entrer dans mon antre, dans cet endroit dénué de toute décoration. L’ambiance était froide, il n’y avait aucune couleur, aucune décoration. Le strict minimum dans un meublé. Ni photo ni rien. Mise à part, un squelette fait de radios. De mes radios. De mes os brisés pour me rappeler chaque jour que je ne devais pas flancher, ne pas être retrouvée et vivre pour ne plus subir aucun coup. Et cette petite valise, prête à l’entrée de ma chambre. Elle n’attendait que ma main et ma future fuite s’il venait à me retrouver.  Je me retournais finalement, lui tournant dos avant de me rendre vers la cuisine ouverte sur le salon, déposant l’étui à guitare contre le mur.

- Vous voulez quelque chose à boire ? J’ai…De l’eau. Du whisky irlandais, il est très bon. Du thé aussi. Je ne bois pas de café par contre…


Et mon geste s’arrêta, me rappelant, justement mes radios. Une mise à nue de moi et une vérité sur mon identité. Je le rejoignis, rapidement, rouge de honte. Je lui avais menti dans les yeux sur mon prénom. Et en plus de cela, il avait une vue plongeante sur mon passé. S’il n’avait pas vu mes cicatrices, il voyait les plus profondes, synonymes d’une vie désastreuses.
J’ouvris la bouche, sans savoir quoi dire. Je regrettais amèrement qu’il soit entré et découvert la réalité sur moi. Je ne savais rien de lui et lui, il savait presque tout de moi.





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Message posté le Mer 8 Nov - 21:12



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William & Donna




Le coucher de soleil donnait un aspect doré et apocalyptique sur la Nouvelle-Orléans. Le mélange parfait d’un rouge vif et d’un orange clairvoyant allumait le ciel d’une atmosphère presque féerique. Bientôt, alors que les merles s’envolaient dans l’air pour rejoindre leurs différents nids respectifs, se perdant dans l’horizon en feu, l’obscurité allait tirer son rideau, pour mettre fin à ce beau spectacle.

Le toit de l’église touchait du bout des doigts le ciel, le taquinant presque avec insolence grâce à sa grandeur exceptionnelle. Ses vitraux multicolores semblaient être les célébrités du lieu, illuminés par la lumière naturelle : le soleil Willliam, raccompagnant doucement Donna jusqu'à chez elle, avait mit ses puissantes mains dans les poches de son jean et continuait d'avancer, sans engager la conversation, en bon sympathique qu'il était. Il écoutait, en revanche, d'une oreille attentive, les remarques de Donna, et, lorsque celle-ci avait eu le courage de révéler son prénom, chose compliquée et douloureux pour elle, il avait bien évidemment entendu la trahison de son cœur, lorsqu'il avait loupé un battement, lui signifiant, qu'elle mentait.

Il n'avait pas envie de se prendre la tête, alors il ne relevait pas cette remarque. Cette fille se protégeait sans doute elle-même en ne donnant pas sa vraie identité, pour ne pas avoir affaire à d'infinies et dangereuses traques pour avoir osé toucher aux hommes de Marcel. Pour William, ce n'était pas sa priorité de savoir son vrai nom, il voulait juste qu'elle rentre chez elle, afin qu'elle soit en parfaite sécurité.

Lorsqu'ils remontaient la grande avenue, mystérieusement presque vide à cette heure de la journée, il ne put s'empêchait de regarder chaque voiture, chaque passant qui passait à côté de lui pour observer la personne. Il n'avait rien contre Donna, mais, être exposé ainsi sur des lieux publics étaient dangereux... Pour lui. Si l'un de ses ennemis, ou l'un des originels le surprenait à "flirter" avec cette rouquine, s'en était fini pour lui, et sans doute pour elle aussi.
À entendre sa petite voix, répliquant à voix haute que les hommes étaient morts, William s'arrêta, en levant les yeux au ciel. Certes, pour lui tuer était tout aussi naturel et habituel que de prendre sa douche alors il ne ressentait plus aucune émotion lorsqu'il devait passer à l'acte. En revanche, il pouvait, difficilement, comprendre pourquoi la jeune femme faisait une fixette sur ça.

Posant sa main sur sa joue, afin de tourner son visage vers lui, il retrouvait son ton froid et impérial qu'il le caractérisait si bien.

-Ne pensez plus à ça. Ils sont morts point. C'est peut-être votre premier meurtre, mais ce ne sera pas votre dernier, surtout dans cette ville qu'est la Nouvelle-Orléans. Maintenant tournez la page, ou vous risquez de tomber dans un jeu dangereux que l'on appelle la culpabilité.

Sur ce, il était à partir, à rentrer au manoir, car il avait compris que Donna ne voulait pas vraiment passer la soirée à ses côtés. Il pouvait le comprendre, son caractère froid et antipathique pouvait, c'était le cas de le dire, en refroidir plus d'un. Alors, bien sûr qu'il était déçu, car il voulait passer du temps avec elle, mais, force est de constater qu'elle le repoussait presque, il allait retourner au manoir et reprendre sa vie si mouvementée comme si rien ne s'était passé. Cependant, il fut relativement surpris de son invitation. Il ne pensait pas qu'elle aurait si confiance en lui pour lui montrer une petite partie de son intimité. Il accepta alors, pour satisfaire son bonheur mais également pour ne pas la brusquer, elle qui avait été si gentille de proposer cette offre.

Il l'a suivi alors, marchant en silence. Il n'avait jamais été très bavard et en général, il ne commençait pas une conversation. En revanche, s'il s'entendait bien avec quelqu'un, il pouvait parler des heures entières avec celle-ci. Après quelques minutes de marche, il arriva devant l'appartement de Donna dans lequel, il ne pouvait pas encore rentrer.
Posant ses mains sur l'encadrement de la porte, il la regardait s'avancer dans son chez-soi tandis qu'il restait à la porte, comme un pauvre mari après une dispute de couple. Etant donné que Donna ne connaissait absolument rien aux hybrides, elle ne savait sans doute pas qu'il fallait l'autorisation du propriétaire pour pouvoir rentrer. William se sentit gêné, embarrassé de ne pas pouvoir expliquer clairement la situation.

Fort heureusement, il parvient à rentrer, en essayant de dissimuler toute gêne qu'il avait face à cette situation peu habituelle. Par réflexe, il allait à la fenêtre, pour regarder la vue sur la rue, afin de regarder si personne n'était là pour les surveiller. Il faisait ceci à longueur de journée au manoir, afin de prévenir de l'arrivée de potentiels ennemis. Sa vie "professionnelle" s'étendait ainsi à sa vie privée.

Il se retourna soudainement, les mains dans les poches de son jean, suite à une question de Donna. Son regard dériva sur la décoration murale qui...était très loin de la décoration rustique et ancienne du manoir. Ses yeux s'élargissent face aux horreurs en face de lui. Des radios du corps de Donna, du moins, il le supposait, Son corps était marqué par les nombreuses fractures qui avaient parfois brisé l'os. Il se rapprochait alors de Donna, et posa une main sur son épaule.

-Comment pouvez-vous exposer votre...corps comme ça ? Vous...Vous n'allez jamais heureuse si vous gardez ça à la vue de tous.[/font]




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Message posté le Ven 17 Nov - 12:32

Look at me.

La chaleur de mon appartement m’avait rapidement enveloppé. Comme une caresse protectrice, rassurante. Et pourtant, j’aurais du craindre de l’avoir ramené chez moi, non ? Craindre et en même temps, être rassurée. Il avait la possibilité de me tuer, mais aussi de me protéger, il l’avait fait devant moi. Protéger et tuer. C’est une rencontre étrange, pourtant, sous ses airs de renfrogné, il cache quelque chose d’aussi doux que moi. Je le sens. Je l’ai vu dans son regard, je l’ai lu dans son sourire.
Mentir est un exercice dangereux. J’ai toujours eu l’habitude de mentir, pour me protéger de moi, de lui, des autres et pourtant, parfois j’espère simplement un jour pouvoir arrêter de mentir pour ressentir ce que mon cœur combat, ce que mon esprit veut, ce que j’espère comme vie.

Cette sensation de petitesse près de lui, ne s’estomperait pas. Il était tout ce que je n’étais pas et au fond de lui, il était bon, c’était à n’en pas douter. Sans doute au même point que je pourrais être dangereuse. Après tout, le sang de Jack coule dans mes veines. Un regard rapide à ma main, le sang qui sèche me rappelle que ce sang, c’est aussi celui de mon géniteur.

Mon cœur rata sa course et un léger sursaut me prit quand la main du roux se posa sur ma joue. Nos regards accrochés. Il était froid, distant, comme l’homme qui m’avait hurlé dessus plus tôt. Alors pourquoi je sentais autre chose dans ses paroles ? Je me sentais une fois de plus, plus petite, plus fragile, plus docile entre ses doigts. Sa chaleur enivra mon corps presque automatique. Les gestes de ce genre sont si rares pour moi.

- Je ne veux pas tuer…

J’avais beau avoir le sang de Jack, je ne voulais pas. Ils étaient des vampires qui nous avaient voulu du mal, du moins à lui et moi par ricochet, mais malgré tout, ils étaient des êtres vivants. Et cette crainte de m’être trompé d’ennemi, pourtant, un ennemi ne ferait pas ce genre, d’une étonnante tendresse ? Parce que ce geste, il est tendre. Son regard, sa voix, son attitude sont peut-être froides, mais pas ses paroles, pas la morale, pas ce geste.

Le voyant allé à la fenêtre, mes sourcils se froncèrent et la question fusa presque naturellement.

- Qu’est-ce qui vous inquiète ?

Par curiosité et pour ma propre sécurité. Son regard, je le croisais et je fus clouée sur place. Mon regard bifurqua vers sa main sur mon épaule, cette étonnante chaleur de nouveau présente et je refusais tout bonnement d’aller rechercher son regard.

- Vous allez attraper froid. Mettez…Vos affaires sur le radiateur.

C’était la seule chose que je pu dire alors que je me dégageais de sa présence pour rejoindre la cuisine, ouverte sur le salon, lui tourner le dos était le mieux à faire. Je l’avais oublié, ce point de décoration –le seul-, j’avais oublié que l’on pouvait le voir si l’on entré.

- Vous désirez quelque chose à boire ?

Noyer le poisson ne pas répondre, souffrir en silence. Mes mains tremblèrent. Je sortis une bouteille du whisky irlandais et deux verres que j’allais poser sur la table basse, évitant de regarder et les radios, et lui. C’est en ouvrant la bouteille qu’un profond soupire passa mes lèvres. Ma voix avait perdu ses émotions. S’éloigner de la douleur pour ne plus la ressentir, se mentir pour avancer.

- Je me rappelle chaque jour que je dois avancer. Que…malgré tout, l’espoir est possible. Que la mort n’est pas la finalité. Que la fuite est une possibilité, non une finalité. Que… Le bonheur est une illusion pour moi. Vous avez vos ennemis, j’ai le mien. Voir ça, me rappelle que je ne pourrais jamais être heureuse. Je ne me victimise pas, je sais simplement que par la logique, personne ne peut aimer un squelette brisé. Je sais aussi que je ne peux me lier, parce que je pourrais mettre en danger les autres. Que j’ai perdu le peu que j’avais et que je ne suis pas prête à recommencer. Chacun se protège comme il peut.

Ma main trembla, ma voix aussi. J’avais beau me détacher, je voyais dans les émotions une sauvegarde que Jack ne connaissait pas. Je vis mal la solitude, rentrer le soir, seule, où personne ne nous attend, où personne la nuit, ne nous serre contre soi en promettant que les cauchemars sont fini.

Je tournais mon regard, finalement vers lui, après avoir servi les verres, lui en tendant un, comme si la discussion ne semblait pas m’atteindre plus que ça et pourtant, mon regard devait parler pour moi.

- Vous, vous vous protégez des autres avec cette façade de glaçon. Vous éloignez les autres tout autant que moi. Ne pas se lier pour ne pas souffrir, pas vrai ? Vous avez beau agir comme vous voulez, vos yeux parlent pour vous. Sans doute parce que je connais que je peux vous comprendre.

Ca n’était pas une attaque, c’était dit avec une tendresse infinie. Un sourire triste sur les lèvres avant que je boive cul sec le premier verre de whisky. Habituée à cet alcool, aucune grimace ne perla mon visage et je détournais aussitôt les yeux pour me resservir un verre.

- Puisque l’on est dans les confidences, qu’êtes-vous ?  Un loup ?

Un léger sourire en coin pour lui faire comprendre que de toute façon, je ne comptais parler à personne, puisque je n’avais personne. J’allais m’assoir sur le canapé après avoir été cherché un gilet. La chaleur m’enivrait, mais sans doute pas assez pour me réchauffer. L’adrénaline, la mort, la peur, j’avais froid.

- Je m’appelle Donna.

Je ne mens plus. Il a vu les radios, sans doute le nom, après tout, pourquoi continuer à mentir ? Nous avions dépassé un stade, non ? Lequel, était la question, mais nous n’étions plus des inconnus. S’il se livrait autant que moi, nous venions de nous rapprocher l’un de l’autre plus qu’avec aucun autre. Nous ne sommes pas si différents, finalement.





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Message posté le Lun 20 Nov - 13:01



Deux roux, une histoire.


William & Donna




William ne faisait jamais apparaître ses émotions en public. Trouvant qu’ils étaient une grande faiblesse pour les humains comme pour les créatures surnaturelles, il préférait cacher sa vraie personnalité. Cependant, face à l’horreur qui se trouvait devant lui, il ne pouvait pas cacher l’expression de surprise et de peine qu’il portait simultanément sur son visage. Bien qu’il tuait des centaines d’innocents par an, il n’avait jamais vu une telle horreur. Il n’avait pas plus disgracieux que des radios comportant des blessures, exposées comme des œuvres d’arts dans la pièce commune.

Il comprenait maintenant pourquoi Donna paraissait si fragile de l’intérieur comme de l’extérieur. Malgré le fait qu’il ne connaissait pas encore tout à fait la jeune rouquine, il ressentait déjà une haine extrême à l’égard du responsable de ces incalculables fractures qui fragilisaient le corps d’une si belle personne, humainement et physiquement. William pensait tout logiquement à son petit ami qui aurait éventuellement pu lui faire ça, mais il éclaircira le point beaucoup plus tard, ne voulant pas parler de ce sujet avec Donna, la voyant si mal à l’aise.

-Je…Je ne vais pas avoir froid mais…merci.
Finit-il dans un murmure en voyant déjà la sorcière le fuir, pour aller dans la cuisine.

Il se mit tout de même près du radiateur brûlant, sur lequel il posait ses mains. Il ne savait plus, ne se souvenait plus de la sensation de chaleur ou de froideur, mais il avait toujours apprécié se poster près d’un chauffage comme de bons humains feraient les nuits d’hivers, retrouvant, de ce fait, une petite part d’humanité. Ecoutant les moindres bruits à l’extérieur de l’appartement, et dans la rues, il restait aux aguets, sur ses gardes, pour protéger Donna d’un potentiel danger…comme il le faisait pour Hope.  Répondant à sa première question qu’il avait ignoré à cause de sa surprenant découverte, il croisait les bras sur sa poitrine, laissant le bas de son dos se caler contre le radiateur.

-Je m’inquiète des dangers qui pourraient venir vous attaquer. C’est comme un réflexe, après tout…C’est mon boulot. *Dit-il ironiquement en riant faussement. -Je ne veux pas que vous souffriez de nouveau, alors, je fais office de gardien.

La regardant s’avancer vers lui, une bouteille de whisky dans sa main tremblante, il remarquait qu’elle n’avait toujours pas répondu à sa question concernant ces fameuses radieuses. Mais, une nouvelle fois, il n’allait plus aborder le sujet, comprenant à quel point cela pouvait être douloureux pour elle d’en parler. Lui aussi avait un sujet sur lequel il ne voulait pas parler : Son meurtre de ses amis. Il essayait de cacher cette partie de son passé le plus longtemps possible pour ne pas l’affronter.

Alors qu’il allait répondre à sa question, il relevait des yeux quelques peu surpris sur elle. Sa voix avait littéralement changé, et était beaucoup plus dure, plus froide. Depuis sa rencontre, c’était bien la première fois qu’il voyait Donna de cette manière-là. En quelques minutes, elle était passé d’une jeune fille timide et fragile à une fille beaucoup plus affirmée et sûre d’elle. Il prenait volontiers le verre qu'elle venait de lui tendre et s'approcha d'elle, cherchant son regard.

-Vous êtes l'une des femmes les plus courageuses que je n'ai jamais rencontré. Continuer à avancer, malgré que vos ennemis sont à vos trousses, malgré ce que vous semblez avoir vécu dans votre passé. De nombreuses personnes auraient déjà abandonnées, mais, vous, vous trouvez une once d'espoir je ne sais ou, et continuez votre route. Vous devez le respect. Quant à moi, oui j'ai cette façade de glaçon et je l'ai toujours eu. Cela peut-être un défaut, mais également une qualité, je ne m'attache que très rarement, et cela m'évite les déceptions.

Ces paroles étaient sincères et douces. Il s'imaginait à sa place, et, sans hésitation, il aurait sans doute était parmi les faibles qui auraient abandonnés.Il avait déjà eu du mal à se remettre de la mort de ses meilleurs amis, et, s'il n'avait pas connu cette formidable meute de loup, il ne serait sans doute plus de ce monde aujourd'hui.
Buvant une petite gorgée de son verre, il s'assit timidement dans le canapé du salon, alors que Donna voulait se renseigner davantage sur lui.

Il haussait simplement les épaules, relevant son regard sur elle.

-Je suis un hybride, moitié vampire, moitié loup-garou, enfin, rien de romantique. Dit-il sous le ton de la plaisanterie.


Il sourit légèrement de satisfaction quand Donna révéla sa vraie identité. Il avait bien remarqué que lorsqu'elle avait prononcé son faux prénom, son cœur avait loupé un battement, signe qu'elle mentait. Il lui sourit simplement.

-Enchanté Donna. Moi c'est William, mais ça vous le savez déjà.




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Message posté le Mar 21 Nov - 15:20

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Ne pas penser au simple fait qu’un homme est chez moi. C’est tout de même étonnant, j’ai du mal à me faire à cette idée. Un savant mélange entre la peur et l’incomprehension. Lui qui semblait si froid, si antipathique, c’était lui qui ne voulait pas que je parte, du moins, il voulait rester avec moi. Ce simple fait m’avait étonné. Moi qui pensait qu’il me haissait. Et pourtant, j’avais rapidement accepté, ça n’était pas pour rien. Mon instinct. Et mon instinct ne me trompe jamais. Il a quelque chose de plus intense, de plus profond que ce qu’il voulait bien me montrer. On cache tous quelque chose.

J’étais mal à l’aise, son regard, je le voyais. Il regardait les photos de mes souvenirs, ces radios, cette intimité, mes secrets. Je me sentais mise à nue, si fragile face à son regard. Que pensait-il réellement de moi ? Me voyait-il comme une faible, pour tous les coups pris ? Il ne savait rien de moi et pourtant, il en savait bien plus que toutes les personnes que j’avais pu rencontrer ici. De ma nature, à mes secrets, à mon identité. Cette bulle morbide. Que c’était-il réellement passé là-bas ? C’était simplement l’entraide ? Un remerciement ?

J’aimais sa voix. Moins quand il voulait mettre une barrière entre lui et moi, alors qu’au fond, après l’épisode du « Je tue pour te protéger », nous ne devions plus avoir de barrière entre nous.

- Vous ne craigniez pas le froid ? Je… Je crois que j’ai les un pantalon et un t-shirt du fils de mon patron dans le fond de mon armoire, si vous voulez… J’aurais du y penser plus tôt. L’appartement appartient à mon patron, son fils y vivait et a laisser quelques affaires en partant. Ca sera un peu large, mais peut-être que vous serez plus à l’aise.

Je n’avais pas eu besoin, en théorie, de donner une explication, mais l’idée même qu’il puisse pensé que j’entretienne une relation avec le fils de mon patron m’avait déplu. Ma pudeur m’interdisait de penser à ce genre de chose et de le laisser penser. Qu’un homme soit chez moi, sa main, plutôt, sur ma joue étaient des choses exceptionnelles. Ma nervosité devait être visible et je n’arrivais pas à la cacher. D’ailleurs, par instant, j’avais l’impression de ressentir le picotement de sa chaleur sur ma joue.

Je me retournais vers lui, une expression de choc dans les yeux. Je ne saurais dire ce qui était le plus surprenant ici. Qu’il s’inquiète pour moi ? Que ça soit son boulot ? Qu’il ne voulait pas me voir souffrir de nouveau ? Le…Gardien.

Qu’étais-je censé dire ? Il venait de faire preuve de tendresse dans ses paroles et moi, j’étais incapable de réagir. Devais-je réellement prendre au pied de la lettre ce qu’il venait de me dire ? Qu’il se faisait du souci pour moi ? Réellement ?

- C’est une tâche qui devrait prendre plus qu’une soirée, vous savez.

Tentez d’en rire n’est pas chose facile. Je sens mon cœur s’emballer dans ma poitrine, ce qu’il me dit, j’ai toujours voulu l’entendre. De savoir que je pourrais compter sur quelqu’un, me reposer sur quelqu’un. Mon regard se voile, une fois de plus. J’aimerais…

- Mais qui vous protège, vous ?

C’était bien plus profond que parler de son corps. Je l’avais aidé, mais ses yeux… Quelque chose s’y cachait, de beaucoup plus fragile qu’il ne voulait bien l’admettre.

Nos regards s’accrochèrent de nouveau et une fois de plus, il m’offrit une vision de lui étonnante. Une vision de moi, étonnante. J’aimais la personne compliqué que je voyais en face de moi. Il était compliqué et la façade de glaçon, que j’aimais à décrire si simplement, était bien plus compliqué. Plus chaude.

- Courageuse ? C’est comme ça que vous me voyez ? Je me vois comme lâche, puisque je suis partie. Il sera toujours là. Je suis lâche de ne pas l’avoir affronté. Je ne suis pas courageuse, mais la vie doit être simplement vécu, alors j’avance. Je la trouve en demain. Regardez, ce soir, malgré tout, nous nous sommes sauvés mutuellement. Si je commence à vivre avec le mal, ce que je fais
déjà bien assez, je ne vivrais plus. Il finira par me retrouver, mais entre temps, j’aurais grandi…


Un regard un peu plus insistant sur lui, sur sa personne pour tenter de le percer à jour, avant d’ouvrir la bouche de nouveau et de parler, de tenter de trouver des mots, de tenter de me battre contre moi, celle qui ne parle pas. Jamais.

- Les déceptions font partis de la vie. Les rencontres aussi. Vous devriez commencer à chercher l’espoir. Il existe partout autour de nous. Regardez, malgré votre proposition pour la guitare, il y a peu de chance que l’on se revoit, bien que je commence à me faire à votre bipolarité extrême, et pourtant, de ce soir, vous devriez trouver le positif. Et c’est ce positif, qui formera votre espoir.

Je le regardais avec un air un peu angélique, un sourire léger sur les lèvres pour tenter de ne pas passer pour une cruche. Je voulais simplement aller à l’encontre de moi, tenter de m’intéresser à quelqu’un, tenté de trouver les mots pour me laisser aller et laisser aller une autre personne. Je me sentais si proche de ce qu’il ressentait, de ce qu’il était.

- Je sais pas si je parle bien. J’ai plus l’habitude avec les livres qu’avec les êtres vivants.

Croisant un peu les jambes, sur le canapé pour prendre mes aises, resservant un verre aux deux, pour ne regarder que lui, le trouvant toujours aussi incroyable dans mon canapé, chez moi, dans ma maison, dans mon antre, comme si c’était normal.

- Il n’y a rien de bien romantique à être une sorcière. Un hybride ? Il va m’en falloir plus, si ça ne vous dérange pas. Mes capacités sur cette nature sont…Inexistantes.

J’esquissais même un petit rire moqueur, un petit rire sympathique, assez étonnant, une fois de plus. Je commençais, tout simplement, tout bêtement, a apprécier sa présence.

- William, je… Je me fais appeler Kit, parce que c’est plus simple pour ne pas qu’il me retrouve. Alors, je vous en prie, ne divulguez pas mon identité. S’il me retrouve, je devrais partir et je n’ai pas envie… Je commence seulement à vivre…


Je baissais la tête, je ne voulais pas particulièrement raconter mon histoire à un inconnu, surtout si lui, ne se dévoiler pas. Nerveuse, mes doigts se crispèrent sur le verre en revoyant le visage de mon père. Ses coups, les rires, le sang. Il pourrait me tuer. Il le fera quand il me trouvera.






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