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 When you run away, you can still find your ally. - Sama&Kit

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Magic flows in our blood.
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Message posté le Mar 26 Sep - 17:32

When you run away, you can still find your ally.

Tout va bien. C’est ce que j’essaie sans cesse de me convaincre quand le réveil sonne pour m’annoncer la journée qui débute. En général, je suis déjà levée. Parfois, je cuisine. Parfois, je lis. Parfois, je finis ma nuit en pleurant. Parfois, je suis déjà sous la douche, à tenter d’oublier la nuit atroce que je viens de passer.
J’aimerais qu’il ne soit pas dans ma tête. Pourtant, réveillée ou endormie, son visage est là, il hante et j’ai peur. Je n’ai jamais compris comment Jack avait fini par me retrouver à Dublin, mais cette fois, je suis protégée…N’est-ce pas ? Un autre nom, une profession, un autre pays, rien ne pouvait me mettre en danger maintenant, n’est-ce pas ? Au fond de moi, j’ai envie d’y croire, mais à dire vrai, Jack à tellement instauré cette façon de ne pas me voir moi-même que je sais que ça ne tiendra jamais.

Il ne suffit qu’à regarder ce qu’il se passe depuis que je suis ici. Cela fait si peu de temps, à peine deux mois que je suis ici et je n’ai pas cette longue liste d’amis…Après tout, est-ce que je pourrais m’en faire ? La seule que j’avais pu avoir avait subi les coups de mon père. Il ne suffit pas de me protéger moi-même, mais de protéger les autres. Malgré tout, surtout avec mon manque de confiance cruel que j’avais su déceler en moi -même si ce dernier point n’est pas difficile à remarquer- j’avais réussi à me faire une place dans la boutique.

Dès le début, j’avais eu la confiance de mon patron, pour une raison obscure qui m’échappe toujours, mais j’avais fini par me faire à mes marques dans cette boutique et j’aimais simplement en profiter. C’était devenue une deuxième maison, je ne comptais pas mes heures et j’aimais tout simplement y être. Je recevais la visite du propriétaire de la librairie qui m’avait forcé dans la main pour modifier la décoration et afficher mes photos. C’était apporter une partie de moi à la vue de tous et malgré tout, ça me rendait mal à l’aise.

Pourtant, je devais admettre qu’avoir été remarqué par quelqu’un, par ce propriétaire, m’avait fait du bien, je ne pouvais pas admettre le contraire.

Armée de ce sourire de façade, toujours impeccable, j’accueillais les clients, les conseiller, les nourrissais, servait le thé à longueur de journée, comme si j’avais pu faire ça toute ma vie. Après tout, j’avais été serveuse dans un pub à Dublin, alors une librairie, ce qui me correspondait un peu plus, à la Nouvelle-Orléans, n’était pas vraiment changeant.

Il y avait une personne que j’avais eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois. Plus qu’un habitué, c’était un collègue commercial. Avais-je le droit de me considérer comme commerciale ? Il y avait eu quelques discussions surtout, sur un partenariat. Accoudée, nos boutiques coïncidaient et j’avais pensé que l’état de santé de mon patron avait été ébruité et qu’il pensait s’agrandir, mais le propriétaire avait été clair, il ne vendrait pas la librairie et moi, non, je ne voulais pas perdre le seul repère que j’avais en ce moment.

Pour convenir, nous étions parties d’une idée en l’air d’un partenariat. Comment faire un partenariat entre une librairie et un antiquaire ? Mêlé les deux dans les boutiques ? Aussi, nous avions fait un échange, moi avec des livres sur les antiquités, des livres mêmes anciens que nous avions en stock et pour lui, quelques petits objets qui pouvaient trouver place dans les rangées de livres. C’était quelque chose qui avait réussi à fonctionner, surtout quand nous glissions la carte de l’autre à chaque achat.

Je pense que les clients aiment ma discrétion, ils sont loin de se douter que c’était plus la peur, le manque d’habitude d’entrer en contact avec les autres dans une ambiance plus confinée que la discrétion. Enfin, tant que la boutique continue, s’agrandit, que le chiffre d’affaire s’améliore, on s’en moque non ? C’est aussi avec Razièl que je suis discrète. Seule Dickens, mon patron, connait ma véritable identité et sous un prétexte bidon, Kit était devenue un réel alias. Une double identité et pourtant, dans le fond, que ça soit Donna ou Kit, les deux étaient identiques.

Ce que je n’avais pas prévu et toujours pas compris, c’est que dans cette idée de partenariat, qu’un contrat puisse être établi, certes, mais qu’en bas, figure mon nom, non, je n’avais pas compris. J’avais objecté, ne voulant pas ni être mis en avant, ni que Jack découvre mon nom dans un dossier professionnel. Je voulais me protéger et ne plus jamais avoir à subir un coup, ne plus jamais avoir à saigner et flirter avec la mort.

Armée du dossier, je profitais de la pause déjeuner pour me rendre dans la boutique proche. J’étais hésitante, aller savoir pourquoi. Ici, je n’avais pas le confort de poser mon regard sur quelque chose que je connaissais. Et puis, c’était un homme et les hommes en général me terrifiait. Et s’il était comme mon père ? C’était cette question qui revenait sans cesse. Sans doute idiot. Sans doute pas. Le doute était toujours là.

- Razièl ?

Mon accent irlandais que l’on ne pouvait pas ne pas entendre se fit entendre dans le silence de la boutique de l’antiquaire. Je serrais le petit dossier contre moi en soufflant entre mes lèvres. J’aurais dû me battre pour que mon nom n’y figure pas. Mais qui lit le nom des autres signataires ? Et puis, pourquoi mon nom et pas celui de Dickens ?   Son état était si préoccupant ? Et puis, pourquoi moi ?

Mon regard se posa sur les divers objets qui peuplaient la boutique, rêveuse. C’était beau et chaque objet ici, était comme un humain : Ils avaient une histoire. Un bruit me fit sursauter, réprimant un cri quand je me retournais pour faire face à Razièl, derrière moi. Pas besoin de le dire, la peur pouvait se lire dans mes yeux. Ma respiration filait et mon cœur avait loupé plus d’un battement. Pour lui, je serais sans doute trop émotive, pour moi, c’était surtout de n’avoir pas été sur mes gardes.

- Je…Salut. Je t’apporte l’ébauche du contrat, pour que les choses soient mises au claires…Et…Et le secrétaire à été vendu, je t’apporterais la moitié, comme convenue dans la semaine…C’est dommage, je l’aimais bien et il allait bien dans la boutique… Il avait trouvé sa place.

50/50 quand l’autre vendait un bien de l’autre. Un bon compromis, parce que de cette manière, les ventes continuaient. Un sourire, de façade, un sourire gêné, un peu en retenue, en recule, comme à mon habitude. Je lui tendis le contrat, mon regard un peu fuyant…Enfin, rien ne change. Un nouveau pays ne changera pas l’influence de Jack. Sans doute que finalement, même loin de lui, il aura réussi à briser ma vie.
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The moon mades ​​us his slaves.
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Message posté le Jeu 28 Sep - 19:33

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Encore une fois tu relis la lettre que ton père t’a envoyé il y a maintenant plusieurs mois, récupérer grâce à loup qu’il a envoyé à ta recherche, tu ne lui as pourtant jamais répondu. Le papier est froissé à cause du nombre de fois où sous la colère tu l’as griffonné de ta poigne, tu n’arrives pas à te résigner à la jeter, à juste faire disparaître les traces de ton amertume d’un revers de la main. Ou plutôt tout droit vers la poubelle dans laquelle parfois tu la jettes et au dernier moment tu récupères. La gardant jalousement dans une vieille boite à chaussure dans ta boutique, parfois il t’arrive de la relire, de nouveau parcourir les courbes de son écriture si parfaite comme si tu découvrais à chaque fois pour la première fois ses excuses. Du moins le semblant d’excuse qu’il t’offre. Pourquoi dans ta boutique ? Parce que tu connais que trop bien la femme qui partage ta vie malgré toi à présent, elle essayerait de te pousser à lui répondre, jouerait encore les psychologues à essayer de te faire sortir du silence dans lequel tu t’es muré au fil des années. Tu ne parlais jamais de ta famille. Même pas à elle, parfois quand tu étais ivre tu laissais quelques brides t’échapper, quelques douleurs resurgirent et c’est ainsi qu’elle a reconstruit le puzzle t’entourant. Elle a compris tes silences mon enfant, elle a mis une raison sur la mélancolie qui se cachait derrière tes sourires. Malgré ça, tu ne lui as jamais donné ce qu’elle voulait. Tu ne dis rien. Encore. Tu souffres silencieusement et parfois quand la nostalgie est trop intense, tu laisses aller quelques larmes qui s’échouent sur ton oreille. Mais tu n’es pas dupe, tu sais que Luisa fait semblant de dormir, qu’elle sait tout aussi bien que toi qu’en essayant de t’aider tu te refermeras comme une huître. Parce que tu es comme ça Razièl, un être constamment angoissé et renfermer.

Je t'ai réprimandé au lieu de t'enlacer. Je suis désolé. Ta main tenant le papier se resserre soudainement, tu prends une grande inspiration, luttant pour ne pas céder à l’amertume qui se forme dans ta gorge. Ton autre main passe sur ton visage d’un geste lasse avant que tu reprennes la lecture abandonner remettant de l’ordre à sa feuille. Parfois tu te demandes pourquoi tu t’infliges cette torture, revoir ses mots que tu aurais aimé entendre sortir de sa bouche jadis. Peut-être qu’au fond tu as besoin qu’ils s’impriment dans ton esprit, savourant le plaisir presque malsain de voir que ta fuite lui fait mal. Bien fait. C’était de sa faute après tout, de leur faute à tous. Si tu n’avais pas eu toute cette pression, si on n’avait pas choisi ta vie à ta place, tu serais resté. Tu ne serais pas là à fuir une meute enragée n’acceptant pas le choix de ta vie de solitaire. Tout s'est donc éclairais, en refusant de m'arracher la vie, Samaël, tu m'as arraché mon fils. Mais j’ai perdu ma famille en fuyant. J’ai perdu ma meute. Je me sens seul. C’est de ta putain de faute. Voudrais-tu lui répondre douloureusement en lui foutant ton poing dans la figure. Mais, tu ne le fais pas à la place tes dents mordillent tellement ta lèvre inférieure que celle-ci se perce et répands du sang dans ta bouche. Tu lâches un juron, l’essayant rapidement ça te mettait toujours dans des états pas possibles cette histoire. Remettant le bout de papier à sa place, un peu plus brutalement que tu l’aurais voulu, tu poses la tête sur tes bras posé réfléchissant à tout ce bordel. Expire... Inspire...

Puis d’un seul coup c’est l’explosion, tu hurles, tu renverses les choses sur ton bureau d’un geste rageur. Tu serres les poings essayant de contrôler la rage bouillonnant dans tes veines, tu as vraiment des problèmes de gestion de colère. Et le même schéma se répète encore une fois. Tu attrapes un bout de papier puis un stylo, la routine habituelle du « je vais faire ma thérapie seul », tu avais lu quelque part qu’écrire une réponse aux personnes qui nous ont fait du mal puis déchirer celui-ci ou le garder simplement était libérateur. Alors comme à chaque fois, tu commences à lui répondre, faisant simple au début, écrivant que tu vas bien, que tu es toujours vivant mais que tu ne diras pas où tu es. Parce que bon, tu n’es pas con non plus. Tu essayes de mettre de l’ordre dans les idées de réponses qui fusent dans ton esprit, mais tout s’emmêle et rapidement plus rien n’a de sens. Ton écriture soignée devient bien vite plus brouillonne, plus saccadée, plus sale. La rancœur t’accumulant ce n’est plus qu’un amas de reproches, une conversation de sourd qui se passe cette fois-ci de cette manière. Vous n’arriverez jamais à communiquer, vous avez toujours été comme ça. Et c’est en déchirant ta lettre que tu t’en rends compte. C’est peine perdue. Bientôt neuf ans que tu les as quittées et parfois rien ne change. C’est juste une répétition éternelle parfois. Tu es blessé Razièl. Tu te sens abandonner et pourtant c’est toi qui a choisi l’exil. Tu es devenu le cachot de toi-même, le bourreau de ton âme.

Il faut que tu t’occupes, que tu plonges dans le travail pour oublier tout ça, il faut juste que tu fasses quelques choses. Commençant par remettre de l’ordre dans le bordel que tu as fait, tout redevient vite comme avant, personne ne pourrait se douter de la crise de nerfs que tu as eu et de la raison. Prenant ton ordinateur tu t’engouffres à l’arrière de ta boutique, l’estomac grognant un peu à cause de l’heure tu t’installes ouvrant l’outil pour reprendre là où tu t’étais arrêté en ayant l’envie de remuer le passé. Tapant sur le clavier tu es fier de voir qu’au final le site internet prend de plus en plus forme, croquant de temps en temps dans ce sandwich que tu as acheté ce matin en arrivant, tu es tellement aspiré par ce que tu fais que tu n’entends pas le scintillement spécifique de la clochette sur la porte de ta boutique retentir.

« - Razièl ? »

Tes mâchoires s’immobilisent soudainement lorsque cette voix que tu connais trop bien retentit jusqu’à tes oreilles, toujours saupoudrer de cet accent particulier. Tu n’avais pas encore réussi à mettre un pays dessus, tu cherchais pourtant, il aurait été plus simple de demander directement à la concerner mais tu trouvais que ça perdait le charme du mystère. Finissant ce que tu as dans ta bouche tu l’essuies d’un revers de la main avant de poser ton sandwich sur la surface plane, fermant ton ordinateur arrêtant donc ce que tu faisais, tu laisses tout ça derrière toi rejoignant la jeune femme. Dos à toi tu t’approches doucement d’elle, c’est lorsque tu allais ouvrir la bouche pour l’interpeller que le parquet sous ton pied émet un grincement sourd, ni une ni deux la jeune fille se retourne terroriser. Tu lèves les mains en signe de paix histoire de la rassurer puis après sa surprise elle prend la parole une nouvelle fois.

« - Je…Salut. Je t’apporte l’ébauche du contrat, pour que les choses soient mises au claires…Et…Et le secrétaire à été vendu, je t’apporterais la moitié, comme convenue dans la semaine…C’est dommage, je l’aimais bien et il allait bien dans la boutique… Il avait trouvé sa place. »

Un sourire tendre fleuri dans le coin de tes lèvres alors que tu saisies ce qu’elle te tend, la remerciant d’un coup de tête. Autant pour l’ébauche qu’elle te donne ainsi que la moitié de la vente, il est vrai qu’au départ tu voulais racheter la boutique du libraire vu qu’elle se trouves juste à côté de la tienne tu pensais casser le mur pour faire un grand commerce. Hors, malgré tes propositions de vente, le propriétaire ne voulait pas vendre, tu n’avais pas insisté le vieux monsieur tenant bien trop à sa boutique. Étonnamment tu t’entends plutôt bien avec la petite rousse qui sert de commerciale, elle était discrète, timide et ressembler à une petite biche. Tu l’aimais bien. Elle était adorable, te faisant penser aux louveteaux que tu avais jadis connus. Puis l’idée du partenariat a été évoquée vaguement tu ignorais que ça avait été pris au sérieux puis finalement vous avez échangez des objets étant propre à votre univers pour conclure tout ça. Au final peut-être était-ce mieux ainsi, mine de rien les livres partaient plutôt bien, tes clients ne refusaient jamais la petite carte que tu leurs tendais après chaque achat. Tout fonctionner bien et l’ébauche du papier tomber à pic.

« - Toujours à fleur de peau toi, heureusement que tu n’es pas experte en arts martiaux... Je suis sûr que je me serais pris un coup. Déclares-tu amuser avant de relever la tête, Ah oui ? Hm… Pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ? J’aurais pu te faire un prix dessus et tu l’aurais gardé. J’dois en avoir un autre dans l’arrière-boutique enfin… Pas le même genre mais il est plutôt beau. »

Déclares-tu d’un vague geste de la main, avec elle tu ne caches pas ton accent venant du pays chaud qui t'a vue naître. Parfois quand tu croises des gens parlants parfaitement anglais, tu fais de ton mieux pour pas que tes origines fassent surface, mais, quand tu rencontrais un compatriote de l’immigration tu ne te gênais pas. Tu avais l’habitude de lire des contrats, habituer déjà par les enchères, tu feuilles minutieusement celui-ci lisant même les petits caractères. Rien n’échappe à ton œil expert et rapidement tu viens à la dernière page de celle-ci. Où tu dois apporter ta patte. Tu dois signer et comme à chaque fois tu le redoutes puisque tu dois revêtir ta véritable identité. Samaël Smilansky. Le prénom dont tu as en horreur parce qu’’il était censé être la prédiction de ton avenir certain de futur alpha. Hors, malgré toutes les tentatives la justice américaine ne te permettait pas de changer de prénom, tu n’avais pas « d’argument » solide autre que « je ne l’aime pas ». Tu avais pourtant tout essayé même en utilisant l’atout de la religion. Mais rien. Tu ne pouvais clairement pas leur dire la vérité au sujet de ta fuite et de ta race alors tu as abandonné. Aux yeux de la loi tu restais pour toujours et jamais Samaël. Tous tes biens, allant même jusqu’à ta boutique, tu devais revendiquer ce nom. Ça te faisait enrager mais, tu ne pouvais rien y faire. Heureusement pour toi, avec tes proches tu n’avais pas vraiment de papier important à faire signer alors un bon nombre d’entre eux n’était pas dans la confidence. Pour eux, pour le monde quand tu te présenter, tu n’étais rien d’autre que Razièl l’antiquaire un peu grognon sur les bords. Tu ne craignais pas qu’on te retrouve grâce à ce biais, aussi intelligente sois ton ancienne meute, ils étaient loin de te douter que tu te reconvertisses dans ce domaine et de plus tu payer assez cher des spécialistes pour que ton nom figurant sur les fameux papiers soit protégé. Puis de toute manière personne ne faisait attention au nom au-dessus des signatures non ? Tout le monde sauf toi.

« - Donna ? T’exclames-tu quelque peu surpris avant de hausser un sourcil, Donna Holloway ? Vraiment ? »

Le moins que l’on puisse dire c’est que tu es surpris, depuis que tu connais la libraire tu as toujours pensé que Kit est son identité. Tu n’aurais jamais pu te douter qu’il s’agît en réalité d’un nom d’emprunt. Oh merde. Souffle ta conscience soudainement. Tu n’aurais jamais dû souligner son nom, en faisant la lumière dessus ça allait sûrement attirer celle-ci vers le tien. Tu pinces un peu tes lèvres priant tout de même pour qu’elle ne le remarque pas, il faudra que tu cherches une excuse qui a l’air un minimum crédible. Tes lucarnes retournent sur le papier, perplexe, tu te demandes pourquoi la petite rousse se fait appeler par le nom de Kit. Peut-être n’aimait-elle pas son nom ? Ou bien voudrait-elle changer de sexe et prendre un nom mixte lui allait ? Ou... Était-elle dans la même sorte de situation que toi ? Tu l’ignores mais, tu ne diverges plus dessus. Reportant totalement ton attention au contrat tu attrapes un stylo avant de signer à ton tour, tout te semble en règles tu n’as pas d’objection à faire alors bon. Cependant, tu n’oublies pas d’être trop prudent, il faut que tu lui demandes une copie pour la faire parvenir à ton avocat. On ne sait jamais après tout, même si elle a l’aspect de quelqu’un d’honnête tu ne la connaissais pas suffisamment pour avoir en elle une confiance aveugle.

« - Voilà. C’est signer, tu as déjà signé ? Personnellement tout me semble bon dans ce contrat. Il me faudrait une copie de l’acte. Demandes-tu avant de te diriger vers le comptoir, Tu veux un café ? Un thé ? »

Proposes-tu en actionnant la bouilloire habillement dissimulé dans l’un des placards que tu as aménagé de façon à pouvoir répondre au besoin de tes clients sans que pour autant que ça ne fasse du désordre. Bien que tu sois quelqu’un de plutôt bordélique, tu tiens à ce que ta boutique soit d’une propreté exemplaire, les premières impressions compter toujours alors de ce fait tu veillais à ce qu’on ait toujours une bonne concernant ton commerce. Le petit clic du ménager détonne, tu t’avances vers celui-ci pour l’arrêter, ton retard retombe sur la rousse. Déjà que de base la jeune fille t’intriguer pas mal à cause de son attitude que tu jugerais timide en sommes, le fait que tu découvres son vrai prénom, donne un coup de pied dans la fourmilière de ton imagination. Pourtant tu ne lui poses pas de questions, malgré que tu aies étais étonné par cette découverte, tu n’en dis pas plus. Tu sais ce que c’est de vouloir garder le silence sur ses origines. Peut-être qu’au final mon loup, tu as trouvé sans le vouloir quelqu’un qui comprends le mieux tes silences ?

(c) REDBONE



Mermaids' song

Tu es partout, dans ma solitude, ma mémoire, c'est toi le poignard qui me transperce le coeur. ALASKA (@bleulivide)

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Message posté le Lun 9 Oct - 9:50

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Je n’aime pas cette capacité à me montrer humaine, submergée par les émotions. Pourtant, c’est au fond de que je suis quand mon esprit s’échappe de mon enveloppe corporelle pour rêver à une meilleure destinée. Face à lui, à présent, mon cœur se débat. Je voudrais m’excuser de mon attitude, de cette façon de ne pas contrôler le flot de mes émotions. Pourtant, je sais au fond de moi, que si je ne contrôle pas ce qui m’anime, je dévoilerais ma nature. Il me l’a si souvent interdit, parfois ancré au sang, qu’à quelques instants, ce que je suis, ma nature profonde, m’effraie. Et si je lui ressemble ? Peut-on réellement être différent de ses parents ? Un monstre au cœur d’acier, sans doute au cœur inexistant, peut-il engendré une femme frêle, fragile, au fond « bon » ? Peut-être que je me voile la face et qu’en faisant face à mes pouvoirs, je deviendrais comme lui. Peut-être que ma mère, elle, était une personne de bien et que c’est son sang qui prédomine en moi, modifiant mon ADN pour ne pas ressembler à mon géniteur, mais à cette femme que j’espère tant la douceur.

Je n’ai aucun souvenir d’elle. Mes trois premières années sont comme effacées de ma mémoire que je n’arrive ni à me souvenir de son visage, ni de son odeur. Un prénom ancré dans un souvenir fragile. Amélia. Qui étais-tu, maman ? Etais-tu, comme moi, la fragile victime d’un homme violent ? Etais-tu la complice sanguinaire d’un homme détestable ? Suis-je comme toi ? Suis-je loin de toi, au point que je ne vous ressemble pas ? Suis-je dans le mensonge ? J’ai tellement de question que j’aimerais poser à cette femme qui manque cruellement à ma vie. J’aimerais trouver des réponses à cette question où l’on connait normalement tous la réponse : D’où viens-je ?

On sait d’où l’on vient, on sait où l’on va. Dans les deux cas, c’est une inconnue. Je n’ai jamais aimé l’inconnu.

Il me sourit, le mien peine à trouver place sur mes lèvres fines et rougis par l’artifice d’un maquillage, qui sans doute, me rend encore un peu plus blanche. Je ne le connais pas bien, même si c’est un plaisir de passer du temps en sa compagnie. Un plaisir que je frôle du bout des doigts, en laissant cette retenue de ne pouvoir m’attacher. Pourtant, j’ai cette impression, que j’espère non factice, qu’il est quelqu’un de bien. Il n’a pas cette aura « A la Jack ». Je peux me tromper. Ma connaissance dans le monde et les supercheries de la nature humaine me sont inconnus, mais j’ai envie de penser que chaque personne n’a pas le fond mauvais. Personne ne peut être comme Jack. L’exception à la règle.

J’aimerais lui dire qu’il se trompe. Que même si je ne maitrise pas les arts martiaux, je ne maitrise pas non plus l’art qui coule en moi et que je pourrais être dangereuse. J’évite. Je ne veux pas qu’il me prenne pour une folle. Une erreur de la nature.

- Je compte bien m’y mettre. Tu devrais faire attention.

Est-ce réellement une réalité que je transforme en boutade que je viens de dire ? C’était plus fort que moi. Il semble être quelqu’un de simple, sans doute suis-je simplement touché par ce qu’il est.

« Parce que j’ai pour habitude de ne pas parler ? » avais-je eu envie de lui répondre quant à ce secrétaire qui m’avait échappé. Il m’avait plus, mais c’était le travail, son gagne-pain et… Non, à dire vrai, je ne sais pas pourquoi, je n’avais pas cédé au simple fait qu’il me plaisait.

- Pourrais-tu me le montrer…Enfin, si tu n’es pas trop occupé. J’aimerais mélanger les styles dans la boutique. Elle manque de…cachet, je trouve.

Parler, cette fois, parce que c’est professionnel, que ça n’est pas moi, alors c’est simple. Il y a cette particularité que j’aime chez lui. Son accent. Il est comme moi, à sa façon. Il ne vient pas d’ici, il n’est pas né ici et vu ma propre histoire, je n’ose pas lui demander. La curiosité est un trait de ma personnalité, pourtant, poser des questions, très peu pour moi. Ancré au fer rouge sur mon corps, les traces d’une question posé, que la peur me rappelle à chaque fois, que certains n’aiment pas les questions. J’essaie de me convaincre que tout le monde n’est pas comme lui, mais c’est parfois, presque impossible. Tout me ramène à lui, à ce monstre qui a parsemé sur mon corps les traces indélébiles d’une enfance meurtrie.

Je suis du regard, discrète, les gestes de ce collègue improvisé. Je n’ai pas lu le contrat, j’avais pu le faire, en parler avec Dickens, alors à quoi bon le lire. Je suivrais, ça ne me concernait que peu, même si c’était mon nom qui était inscrit. Mon nom… Il n’allait pas regarder. On ne regarde jamais. On regarde la signature de l’autre, jamais le nom. N’est-ce pas ?

Il avait suffi d’un seul mot. Quelques lettres passaient des lèvres de cet homme pour que quelque chose explose. La pochette que j’avais repris, qui contenait le dossier pour le protéger de divers problèmes, comme d’être froissé, été tombé sur le sol, mes mains l’avait lâché, comme paralysé. Mon regard s’était voilé et mon cœur, lui, il s’était arrêté. Une idiote que je fais, n’est-ce pas ? Et puis, un deuxième mot, qui fait réagir mon cœur, qui fait tinter mon âme d’une alarme. Je ferme les yeux, je tente de reprendre une respiration normale, je suis blanche, je le sais sans me voir. Je me baisse, je reprends la pochette de plastique et je tente de me vider la tête.

Donna Holloway…Oui, c’est ainsi que je me nomme. Entendre mon prénom dans la bouche d’un autre m’avait fait drôle. Un mélange de plaisir avec l’espoir d’être connue, avec un soupçon de peur. Et s’il me retrouvait ? Il avait lu. Pourquoi avait-il fallu qu’il lise ? Et maintenant, il allait comprendre. Comprendre que j’étais une menteuse. Que je trompais mon monde sur cette fausse identité, sur Kit. Ce prénom que j’avais presque oublié à force de me cacher derrière cet alias, cette possibilité d’être oublié de celui que je fuyais. Mon cœur semble ne pas vouloir se remettre. Mon regard est fuyant et la réponse… Qu’est-ce que je peux bien lui répondre ?

Ne pas répondre. Fuir la discussion, même si mon attitude avait dû l’alarmer. Contrôle tes émotions, Donna, Kit ! Peu importe qui tu es, puisque tu l’oublies, contrôle-toi ! Je finis par reprendre l’amas de papier en le suivant, dans un silence de plomb. Seuls les battements incessants de mon cœur qui se débat m’éloigne du silence. Cette sensation de l’entendre, si fort, que même lui, peut l’entendre. Après tout, le peut-il ? Je ne le connais, il est possiblement, non humain.  

Je finis par secouer la tête, avant de prendre un stylo à mon tour. Si pour lui, tout est en ordre, je n’ai donc aucune raison d’attendre et de ne pas signer. Posant le dossier sur le comptoir, je le regarde, par instant, ne voulant pas croiser son regard et qu’il ne lise pas en toi ce que tu veux ignorer.

- Un thé s’il te plait… Je… Je t’apporterais ça.

La voix tremblante remplace le regard. S’il ne lit pas le désarroi dans mon regard, il l’entendra dans ma voix. Je retrouve l’endroit où il a signé et mon regard s’arrête sur sa signature, assez élégante pour un homme. Mais mon regard ne s’arrête pas là. Sans doute était-ce parce qu’il avait vu la vérité que je cachais, sans doute était-ce tout simplement, parce que comme lui, je ne m’attendais pas à lire ce prénom. Il n’était pas inscrit Razièl, non. Samaël. Un prénom charmant qu’il remplace par son second prénom, si je comprends bien le « R. » entre deux. Est-ce pour cela qu’il a eu le regard qui a survolé ma propre identité ? Mon regard se lève un instant vers lui. Nos regards se croisent, l’explication y est criante, chez l’un, comme chez l’autre. Visiblement, l’inquiétude. Nous ne sommes pas si différents.
Mon regard se tourne à nouveau vers le papier et je signe, de ce nom qui me fait horreur. Des boucles fines, presque élégante pour ce nom qui ne m’a jamais rien apporté de bon. Pourtant, après l’avoir écrit, dans un dessin de signature propre à chacun, je le barre de quelques traits. C’est ma signature. Ce que je suis. Qui je suis. Un nom qui me résume, mais que je refuse, que je barre. Si seulement je pouvais changer de nom, d’identité, être quelqu’un d’autre, sans doute n’aurais-je pas cette hargne à barré ce mot. Je veux barrer cette vie de la mienne. Pourtant, on ne peut pas se supprimer, n’est-ce pas ?

Une fois signé, je remets avec attention le dossier dans sa pochette. Les questions se soulèvent et je suis sûre que pour lui, c’est la même chose. Mon cœur, lui, n’arrive pas à se calmer, animer par une émotion presque nouvelle : Celle de se libérer de ce poids trop lourd.

Mes mains finissent par envelopper la tasse fumante de thé, m’apportant une chaleur qui était un point non négligeable pour ne pas perdre pied. Je regardais la fumée s’élevait de ce liquide brulant, n’osant pas le regarder. Qui est-il ? Qui suis-je réellement ?

- N’avais-tu pas un secrétaire à me montrer ?

Cette boule invisible en moi augmente, prend plus d’ampleur et je me sens perdue. Je ne peux pas ressentir tout ça, il faut changer de sujet, d’endroit, m’occuper. Je ne peux pas…Pas ici, pas devant lui, pas comme ça. Jamais. La retenue, Donna ! Bon sang, retiens-toi !

Dans cette arrière-boutique, éloigné de tous, mon regard se pose sur tout et sur n’importe quoi. Ce nom…Je veux m’en détacher et pourtant, malgré moi, l’entendre dans la bouche d’un autre me rappelle à sa colère, sa haine, sa violence. Mon sang.
Une voix hésitante décide de passer mes lèvres pour tenter de changer de sujet, de le connaitre, de comprendre. De changer simplement l’esprit tortueux qui est le mien.

- Tu n’es pas américain, n’est-ce pas…Razièl ?


Un léger appuie sur son prénom, son second, celui qu’il a décidé de prendre, pour lui intimer, que je ne dirais rien sur ce qu’il est. Que je comprends et que j’espère sincèrement qu’il fera de même avec moi.

Et puis, l’inévitable finit par se passe. Je suis faible, je l’ai toujours été. Holloway… Quand je l’entends, ça n’est pas moi que je vois, mais lui. Je ferme les yeux, son visage explose dans ma tête, sa voix, ses rires sombres, ses coups. Ses nombreux coups, les lames, le verre. Mon sang. Ma respiration s’accélère, je tente de ne pas céder, ne pas craquer, pas ici, pas comme ça. Ne pas passer pour un monstre. Les larmes me montent aux yeux. Je suis faible. L’impression de sentir son odeur, l’odeur d’alcool mêlé à la sueur d’un sorcier qui me veut du mal.

Un bruit se fait entendre. Un verre qui se brise. Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir que ça n’est pas lui, mais moi. Bon sang ! Pourquoi ne puis-je pas prendre sur moi ! Ça n’est qu’un nom…Et ce nom me suivra toute ma vie, me rappelant que la mort est à mes trousses.

Un autre bruit, un autre brisement de verre et j’ouvre finalement les yeux. Mon regard croise le sien. Il sait. Titubante, je recule. Il me prendra pour un monstre où pour un danger pour lui. Les yeux sont la fenêtre de l’âme, y verra-t-il seulement que je ne contrôle pas ? Que j’ai peur, de lui, de ce nom qu’on m’a affublé il y a vingt-six ans, de moi ? Et cette musique incessante que fait mon cœur, qui gronde dans mes oreilles, comme si j’avais été passé à tabac, comme dans le passé.


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The moon mades ​​us his slaves.
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Message posté le Sam 9 Déc - 0:05

You can still find your ally.

       

Si tu cherchais désespérément une occupation pour ne pas diverger avec ta culpabilité au sujet de cette lettre si maudite soit-elle, la venue de la rousse était comme une occasion servie sur un plateau d’argent. Une manière de balayer qu’un peu plus ce passé que tu ne voulais plus, que tu ne supportais plus et pourtant à cet instant si banal d’apparence tu ignorais qu’en réalité cette entrevue allait faire remonter certains des indésirables. Pour l’heure tu ne voyais que le petit bout de femme qui s’occuper de la boutique voisine, ses longues mèches rousses que tu avais si longtemps observé derrière la vitrine au loin. Serais-tu un stalker mon ange ? Loin de toi toutes idées perverses, il t’arrivait occasionnellement, lorsque tu fumais ta cigarette à l’air libre ayant eu la foi de sortir malgré le temps, de l’observer. Elle vagabondait d’une extrémité à l’autre laissant parfois un sourire venir fleurir lentement tel un bourgeon de fleur printanière lorsqu’elle lisait la couverture d’un livre, elle jouait souvent avec ses bagues lorsqu’elle était concentrée ou bien se mordiller la lèvre. Et ça, ça te rendait guimauve. Tu ne la connaissais pas, tu ignorais quelle personne elle pouvait être mais, dans ses manies, dans son attitude tu la trouvais attendrissante. Peut-être parce qu’une part de toi-même te souffler parfois qu’elle te ressembler sur certain point, du moins… Qu’elle ressemble à Samaël. Le gamin perdu, renfermer et solitaire qui ne souhaitait qu’une chose : Qu’on le laisse tranquille.

Et de nouveau quand ses réflexes purement défensifs, c'est exprimé quant à ton arrivé surprenant, la petite voie rajouter une couche de miel dans ton esprit déjà quelque peu adouci par la présence de l’autre. Tes pupilles captent le rouge artificiel de ses lèvres, ça lui va bien. Ça rajoute une touche plus approfondie encore à son faciès semblable à celui d’une poupée de porcelaine. Posant tes mains sur tes hanches tu la regardes te faire son petit numéro, le sourire toujours aux lèvres.

« - Je compte bien m’y mettre. Tu devrais faire attention.
- J’ai plutôt hâte de voir ça bizarrement. Déclares-tu lâchant un petit rire amusé avant de continuer, J’me débrouille pas trop mal au corps-à-corps quand tu auras une ceinture on testera celle-ci. Mais prépare-toi à perdre ma jolie et me filer ta réserve de cupcake. »

Petit clin d’œil malicieux tu rentres dans son jeu de boutade, parce que c’est tellement rare avec elle que ce moment en reste bizarrement précieux. D’autant plus que le nombre de fois où en allant lui donner les recettes de ses ventes dans ton petit nid tu avais lorgné sur son assiette de pâtisserie, n’osant jamais en prendre un même lorsqu’elle te le proposait. Tu n’étais pas un client ainsi ses douceurs ne t’était pas destinées et tu ne pouvais pas saboter un minimum sa stratégie de vente en cédant à ta gourmandise. Dernière œillade complice avant de revenir sur les papiers tendus, qui même si ceux-ci bouffent toute ton attention, tu ne peux pas t’empêcher de laisser ton esprit virevolter ailleurs. Notamment sur le visage angélique de la rouquine face à toi, d’aussi loin que tu te souviennes c’est sûrement l’une des discussions où la jeune femme s’est le plus exclamé. Pourtant, tu essayer de faire la conversation avec elle, lorsque tu lui rendais visite mais, tu avais toujours l’impression de la mettre en position délicate. Comme si ta présence l’intimider. Pareillement à un animal blessé et méfiant, tu la laisser donc venir patte à patte vers toi. Il est rare que ta première impression sur un être soit fausse, au fil de tes années de vie tu as pu apprendre à reconnaître certains types de personnes et tu croiser les doigts pour qu’une fois de plus ton flair ne s’est pas trompé.

« - Pourrais-tu me le montrer…Enfin, si tu n’es pas trop occupé. J’aimerais mélanger les styles dans la boutique. Elle manque de…cachet, je trouve.
- Pas de soucis, le secrétaire doit être au fond de l’arrière-boutique normalement. Enfin normalement. Réponds-tu réfléchissant minutieusement avant de lui faire un signe de main, Elle manque de cachet ? Je ne suis pas d’accord. Elle est plutôt une belle boutique. »

Déclares-tu en relevant la tête des bouts de papier avant de replonger dedans puis le moment fatidique arrive, l’instant où tes lèvres laissent échapper par la surprise ce qui paraît être le vrai nom de la rousse. L’embarras est le sentiment qui te frappe automatiquement lorsque d’un œil discret tu aperçois Kit... Donna ? Se raidir à ton constat. Tu peux presque entendre son cœur dans sa poitrine battre si violemment dans tes tympans affûtés, serait-ce de la peur ? La panique ? Te mordant la langue tu fais celui qui n’a rien remarquer, signant les papiers puis lui proposant un thé pour calmer ses craintes.

« - Un thé s’il te plait… Je… Je t’apporterais ça. »

Qu’elle finît par te répondre après ce silence quelque peu pesant qu’avait provoquer ta bouche un peu trop rapide, elle part dans la contemplation des papiers à son tour. Et comme tu le redouter, comme une partie infime de toi l’espérer sûrement elle s’arrête à un endroit précis. Tu le sais, tu le sens et tu n’as pas besoin de lui poser la question puisqu’elle relève ses deux orbes bleus vers toi. Je sais que tu as compris Donna. Souffle tes pensées en direction de l’Irlandaise sans pour autant le dire à voix haute. Bien sûr tu es terrifié, une main serre tes entrailles d’anticipation, comme toutes les autres fois où tu étais dans la même situation. Pourquoi ? Parce que mon loup tu vois, ce genre de chose, ça mérite toujours une explication. Typiquement celle que tu ne veux pas donner, ça serait trop pour toi. Tu exposeras une partie de toi vulnérable, une faiblesse, un angle d’attaque. Le contact visuel se brise et tu retournes à tes boissons en silence. Liquide chaud que tu poses devant elle après confection, te réconfortant en buvant une gorgée de café tu fermes lentement les paupières profitant de ses secondes innocentes flottantes.

« - N’avais-tu pas un secrétaire à me montrer ? »

Rouvrant les lucarnes, tu laisses échapper un petit bruit d’approbation avant de lui faire signe de te suivre dans l’arrière-boutique, c’est étrange comme la vérité sur les humains que vous êtes, enfin façon de parler, à poser un si fort froid entre vous. Et si finalement elle n’était pas comme tu l’imaginais ? Et si elle était tout le contraire et ne te ressemblerait jamais ? Te mordant la lèvre tu te focalises sur le meuble, retirant le drap poser négligemment dessus tu croises les bras sur ton torse. De quoi veux-tu te protéger inconsciemment mon loup ? De la réalité ?  

« - Voici le secrétaire, il est encore un peu poussiéreux mais, il a du potentiel en lui. Le seul hic c’est qu’il faut régulièrement entretenir le bois, sinon il va rapidement vieillir. »

Expliques-tu caressant la surface plane d’un geste aérien, te remémorant le souvenir de son achat. Tu avais dû batailler un long moment avec un autre enrichisseur avant d’être enfin le vainqueur. Puisque oui à tes yeux c’était belle et bien une victoire. Un acquis. Une satisfaction personnelle. Comparable au moment de ta vie où tu as fui ton pays, où pour la première fois tu respirer un nouvel air. Celui de la liberté.

« - Tu n’es pas américain, n’est-ce pas…Razièl ? »

Arrêt des mouvements, tu es stupéfait comme une statue de marbre, ne cillant même pas une seule seconde, tu remontes doucement tes iris pour les plonger dans ceux de la plus jeune. La terre conte l’eau, le fuyard contre la fuyarde, ta peur contre sa peur. Kit contre Razièl mais, surtout Donna contre Samaël. Puis tel un pantin qu’on doit remonter sans cesse, tu te remets soudainement en marche, laissant tes lèvres étirer tes lèvres dans un sourire, reprenant l’air mutin que tu possèdes constamment. Celui qui te sert comme bouclier. Portant une main à tes cheveux, tes doigts se perdent dedans légèrement tremblant.

« - Ca dépends des points de vue mais, techniquement si. Depuis que j’ai obtenu ma nationalité américaine on peut dire que c’est le cas non ? Demandes-tu avant de continuer cette fois si dans ta langue natale, Mais tu ne l’es pas non plus Kit.. Souffles-tu laissant l’accent mielleux de ta langue enveloppé tes propos, tu déglutis avant de continuer cette fois-ci en anglais. Je suis né en Israël, et ça, c’était de l’Hébreu si tu te poses la question. Et toi ? D’où viens-tu ? Holloway ça fait pas vraiment petite américaine bien intégrée si tu veux mon av- »

Le bruit du verre chutant au sol dans un fracas monstrueux pour ton ouïe te coupe en plein dans ta phrase, t’arrachant un mouvement échappatoire vers ta gauche quand l’accident arrive juste à côté de toi, la vitrine du meuble supportant différentes petites babioles venant de voler en éclats. Un pas en arrière, une respiration si légère qu’on se demande même si elle existe, il n’y a que le palpitant de sang en toi qui fait du bruit. Puis il n’a suffi seulement que ton regard croise ton reflet dans l’autre vitrine similaire pour que celle-ci subisse le même sort que la première. Par réflexe tu te protèges le visage du vol des débris qui finalement t’effleure à peine les avants-bras. Attendant quelques secondes pour être sûr que l’orage est passé tu prends une goulée d’air tournant le visage vers la particulière, ouvrant automatiquement la bouche dans l’impulsion soudaine frustré qui te monte, tu refermes ta cavité buccale instantanément. Parce qu’au vu de son air, du désespoir que tu peux clairement lire en elle, tu prends conscience de ce qu’il se passe. De la circonstance dans laquelle vous êtes plongés, des étranges choses qui se passent et sans surprise ton cerveau fait la connexion. Qui est-elle ? Ou qu’est-elle ? Une sorcière en herbe ?

Tu te baises lentement presque avec hésitation, posant un genou sur le plancher qui grince légèrement, tu récupères minutieusement les morceaux des victimes au sol. Un à un tu répares les dégâts sûrement commis par son organe pulsant jusqu’à tes oreilles dans un battement répétitif presque angoissé. Te relevant doucement tu plonges enfin ton regard dans le sien qui ressemble à celui d’une biche effrayer par les phares d’une voiture, tu tentes un sourire rassurant posant délicatement les débris sur le meuble non loin de toi. Tu fonces un peu les sourcils faisant un petit pas dans sa direction, levant les mains en signe de paix tu essayes de te faire le plus délicat possible.

« - Est-ce que tu vas bien ? Questionnes-tu en premier temps n’osant pas faire un autre geste vers elle de peur qu’elle réagisse de nouveau violemment, Calme-toi, ça va aller. Ce n’est rien, elles étaient moches en plus ses vitrines, c’est presque un service que tu me rends là… Je ne dirais rien. Pour tout ce que j’ai vu, je ne te juge pas ou quoi que ce soit... Je te ferais aucun mal. Kit ? Regarde-moi, regarde-moi. Fais-moi confiance. Tout ira bien. N’est pas peur. »

Dis-tu sur un ton doux, calme, posé. Comme si tu parlais à un enfant, à un être innocent qui paniquerait devant une bêtise qu’il a faite. Parce qu’à cet instant devant toi c’est une petite fille effrayée qui se trouve, qui te donnes envie de la prendre dans tes bras et de la réconforter. Toi qui hais pourtant les êtres comme elle, les démons comme te l’a enseigné ta famille, tes croyances. Foi remis en doutes depuis un bon moment, tu ne sais plus à quoi te fier, ce que tu dois croire mais, bizarrement tu as envie d’avoir foi en elle. Juste elle, la petite libraire timide et non l’étiquette que lui colle ton peuple. Sorcière où du moins être magique. C’est la conclusion que tu en tires des vitrines brisées soudainement et de sa réaction affolée. Te mordillant distraitement la lèvre soudainement, tu ne sais pas pourquoi réellement tu fais ça mais, tu laisses apparaître ton véritable regard. Revêtant la couleur ambrée typique de ta race, des monstres comme toi et de celui à l’intérieur de toi. L’être que tu gardes constamment enfermer dans cette cage dorée, cette couleur maudite dont tu dois toujours te concentrer pour ne pas qu’elle apparaisse au grand jour de tous. Elle définit ce que tu étais, ce que tu es et ce que tu seras jusqu’à la fin de ta vie. Un maudit. Une bête. Puis le marron foncé qui te sert de camouflage revient, haussant timidement les épaules comme si ton air lui disait silencieusement. « Tu vois on n’est pas si différent, j’suis particulier moi aussi. »

(c) REDBONE



Mermaids' song

Tu es partout, dans ma solitude, ma mémoire, c'est toi le poignard qui me transperce le coeur. ALASKA (@bleulivide)

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